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La crise provoquée par les événements en Crimée pourrait affecter Bombardier

20/03/2014 11:13 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La crise internationale provoquée par les événements en Crimée pourrait affecter les efforts faits par Bombardier (TSX:BBD.B) afin de finaliser les négociations pour une coentreprise de fabrication d'appareils Q400, a indiqué jeudi l'entreprise.

«Avec l'Ukraine et tout ce qui se passe là, nos discussions ont ralenti quelque peu, mais notre partenaire souhaite encore que ça se passe», a affirmé le président et chef de l'exploitation de Bombardier Aéronautique, Guy Hachey, lors d'une conférence d'investisseurs à New York.

M. Hachey n'a pas donné de précision quant à l'impact que pourrait avoir la crise sur ce qu'il a qualifié de «grosse opportunité» pour le turbopropulseur.

La Russie se trouve dans la mire des pays occidentaux en raison de son annexion de la péninsule criméenne.

Jeudi, le président américain Barack Obama a accru les sanctions économiques américaines à l'endroit de Moscou, visant 20 responsables russes de même qu'une banque russe leur donnant du soutien.

M. Obama a également signé un décret qui permettra aux États-Unis de pénaliser des secteurs clés de l'économie russe, dont son importante industrie de l'énergie, si jamais les forces russes entrent dans d'autres parties de l'Ukraine.

Le différend avec la Russie devrait dominer la rencontre des dirigeants des pays membres du G7 — incluant les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et le Canada — qui doit avoir lieu la semaine prochaine.

Bombardier avait indiqué en janvier être sur le point de finaliser une entente afin de mettre sur pied une coentreprise avec Rostec, une société d'État russe, qui pourrait donner lieu à la fabrication d'une centaine d'appareils, d'une valeur de 3,4 milliards $ selon les listes de prix, à l'intention du marché russe.

La chaîne de montage finale projetée en Russie complémenterait les activités de Bombardier à Toronto, où le montage final des turbopropulseurs de 70 à 80 sièges a actuellement lieu.

M. Hachey a affirmé aux analystes que ses efforts pour vendre l'appareil dans les pays émergents commençaient à porter fruit, en partie grâce à la mise en marché d'une version de 86 sièges qui rendra l'appareil plus attrayant financièrement pour les consommateurs et qui mettra au défi la concurrence.

«Je suis plus optimiste au sujet du Q400 que je ne l'ai été ces deux dernières années», a-t-il dit à des analystes.

Par ailleurs, le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin, a affirmé que le mauvais temps avait forcé Bombardier à repousser le baptême de l'air de son avion d'affaires Learjet 85, jeudi.

M. Beaudoin a expliqué lors de la conférence d'investisseurs à New York que l'avion effectuerait son premier envol «sous peu», dès que les conditions météos le permettront.

Le nouvel appareil se joindra alors à la CSeries de Bombardier dans le processus de vérifications en vol avant d'obtenir les attestations requises à sa mise en marché.

M. Beaudoin s'est dit enthousiaste face à ce que réservait l'année 2014 pour Bombardier, affirmant que la société était sur le point de récolter, avec sa prochaine livraison, les fruits de ses investissements dans ces nouveaux produits.

L'entreprise établie à Montréal anticipe que ses revenus atteindront 30 milliards $ US dans cinq ans, comparativement à 18,2 milliards $ US en 2013.

L'entrée en service des appareils Learjet 85 et Global 7000/8000 devrait rapporter des revenus de jusqu'à 3,5 milliards $ US, tandis que les avions de la CSeries devraient contribuer au chiffre d'affaires à hauteur d'entre 5 et 8 milliards $ US.

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