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Crise en Ukraine: l'UE applique ses sanctions à d'autres ressortissants russes

20/03/2014 08:39 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

BRUXELLES - Les leaders de l'Union européenne (UE) ont annoncé, jeudi, qu'ils appliqueraient le gel des actifs et l'interdiction de voyager à d'autres ressortissants russes, se rapprochant de plus en plus de l'entourage du président Vladimir Poutine afin de le punir pour l'annexion de la Crimée par la Russie.

Ils ont également révélé leur intention d'annuler un sommet entre l'UE et la Russie prévu en juin dans le cadre de l'affrontement entre Moscou et l'Occident au sujet de l'Ukraine, qui s'est transformé en l'une des pires crises politiques en Europe depuis la guerre froide.

Le premier ministre de la Suède, Fredrik Reinfeldt, a déclaré que les pays européens devaient se préparer à adopter d'autres mesures et à rester unis dans l'adversité, car une Europe forte était la dernière chose que voulait M. Poutine, lui qui souhaiterait au contraire semer la discorde au sein de l'UE.

De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a révélé qu'en plus d'augmenter le nombre de Russes et de Criméens visés par le gel des actifs et l'interdiction de voyager, qui touchaient au départ 21 politiciens et dirigeants de l'armée, l'UE travaillait sur des sanctions encore plus strictes qui pourraient être utilisées dans le futur, notamment sur le plan de l'économie et de l'armement.

Alors que l'Europe promettait de durcir le ton, le président Barack Obama a affirmé que les États-Unis avaient aussi mis en place une nouvelle série de sanctions contre des ressortissants russes. Moscou a répliqué en interdisant l'entrée de son territoire à neuf membres du Congrès américain.

En plus de punir la Russie, l'UE a indiqué, jeudi, qu'elle voulait également montrer son soutien à l'Ukraine, qui a perdu la Crimée mardi.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a lancé un appel aux 28 membres de l'UE pour qu'ils manifestent leur appui au nouveau gouvernement ukrainien par des engagements politiques et de l'aide financière.

Le premier ministre de l'Ukraine, Arseni Iatseniouk, signera vendredi une entente avec les leaders de l'UE.

En entrevue avec la chaîne française France-24 depuis Bruxelles, M. Iatseniouk a qualifié cet accord de «premier grand pas effectué par l'Ukraine pour faire réellement partie de l'Europe». Il a ajouté que son gouvernement était conscient qu'il ne s'agissait que d'une première étape, mais que cela ouvrirait la voie aux réformes dont le pays a désespérément besoin.

Pendant ce temps en Crimée, les forces pro-russes ont saisi trois navires de guerre ukrainiens, jeudi, et l'Ukraine s'est plainte que ses troupes en sol criméen étaient menacées.

Les tensions dans la péninsule de la mer Noire demeuraient élevées, même après que les troupes de Moscou eurent libéré un commandant de la marine ukrainienne qu'elles détenaient.

Le ministre russe de la Défense a par ailleurs assuré, jeudi, au secrétaire à la Défense américain, Chuck Hagel, que les forces russes stationnées près de la frontière est de l'Ukraine n'avaient aucunement l'intention de se rendre en territoire ukrainien.

Un porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, a raconté que, dans le cadre d'une conversation téléphonique d'une heure, M. Hagel avait demandé des explications concernant la présence militaire de la Russie près de la frontière de l'Ukraine.

Selon Kirby, le ministre russe a affirmé que les troupes ne se trouvaient à cet endroit que pour effectuer des exercices et rien d'autre.

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