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Burundi: un opposant libéré sous caution pour raison de santé

20/03/2014 11:06 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

La cour anti-corruption du Burundi a accordé jeudi, pour raison de santé, une liberté sous caution à un responsable de l'opposition arrêté le 5 décembre pour une sombre affaire de moeurs et poursuivi depuis pour "tentative de corruption", a-t-on appris de sources concordantes.

"La cour anti-corruption vient de rendre une ordonnance de mise en liberté provisoire de mon client Frédéric Bamvuginyumvira sous paiement d'une caution d'un million de francs burundais (450 euros)", a annoncé l'un de ses avocats, Me Fabien Segatwa.

Selon un magistrat de la cour, s'exprimant sous couvert d'anonymat, le prévenu a été libéré pour pouvoir "aller se faire soigner". Selon Me Segatwa, M. Bamvuginyumvira, sorti de prison dans l'après-midi jeudi, souffre d'hypertension.

"Nous sommes satisfait, d'autant plus que M. Bamvuginyumvira n'a aucune raison d'être en prison car il n'a rien fait, il est là pour des raisons politiques", a poursuivi l'avocat. "Cela va lui permettre de se faire soigner et de se défendre sereinement".

La défense avait formulé une première demande de liberté sous caution en décembre, qui avait été rejetée à la demande du parquet.

Selon l'accusation, M. Bamvuginyumvira, 52 ans, a été "appréhendé en train d'avoir des relations sexuelles (...) dans une maison de débauche" à Bujumbura début décembre, en compagnie d'une dame de son âge.

Accusé dans un premier temps d'adultère, il est désormais poursuivi pour "tentative de corruption". On lui reproche d'avoir essayé de soudoyer l'agent qui l'avait arrêté pour être libéré.

Dans cette affaire, l'opposition burundaise dénonce depuis des mois "un montage éhonté orchestré par le pouvoir de Pierre Nkurunziza pour éliminer un homme connu pour son intégrité, et qui pourrait constituer une menace dans la perspective des élections de 2015".

M. Bamvuginyumvira, vice-président du Burundi de 1998 à 2001, réputé incorruptible, est très respecté dans le pays.

Actuellement vice-président du Front démocratique burundais (Frodebu), il est pressenti comme candidat unique de l'opposition pour les élections de 2015. Il est à ce titre perçu comme l'un des plus sérieux concurrents du chef de l'Etat Pierre Nkurunziza, qui n'a jamais caché son intention de briguer un troisième mandat.

Le Frodebu avait remporté les élections générales de 1993 qui avaient porté au pouvoir le premier président élu du pays, Melchior Ndadaye, assassiné quelques mois plus tard. Ce meurtre allait déclencher une sanglante guerre civile qui n'a pris fin qu'en 2006.

Comme la quasi-totalité du reste de l'opposition, le Frodebu avait boycotté les législatives de 2010.

esd/aud/aub

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