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Barbara, Marina ou Pier Silvio, un Berlusconi pour les européennes ?

20/03/2014 02:21 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

Marina, Barbara ou Pier Silvio? Après l'interdiction faite à Silvio Berlusconi de se présenter, son parti de centre droit Forza Italia cherche désespérément comment recycler le fameux patronyme de son mentor depuis 20 ans.

M. Berlusconi est définitivement exclu du scrutin depuis que la Cour de cassation a confirmé mardi une peine d'interdiction de mandat public à son encontre, qui l'empêche de voter et d'être élu.

Selon plusieurs journaux italiens, le magnat des médias réfléchit depuis des jours à une alternative. D'aucuns ont évoqué une candidature de Marina, sa fille aînée âgée de 47 ans, actuellement à la tête de Mediaset, le groupe qui contrôle ses trois chaînes de télévision. Mais elle est réputée peu à l'aise en public.

D'autres médias ont avancé le nom de sa très télégénique demi-soeur Barbara, 29 ans, également dirigeante au sein de l'empire médiatique familial et qui aime dire qu'elle a "le même caractère (bien trempé et jovial, ndlr) que son père".

Dans un éditorial, Ugo Magri, expert politique de La Stampa, affirme jeudi que M. Berlusconi se serait "mis en tête" de présenter son fils Pier Silvio.

L'ex-président du Conseil aurait montré à certains de ses invités une bande annonce avec pour protagoniste Pier Silvio, 44 ans, frère cadet de Marina, s'exprimant avec désinvolture et brio lors d'un séminaire d'entreprise.

Selon un sondage exclusif de l'institut Tecné pour M. Berlusconi cité par la Stampa datant du 18 mars, en termes de popularité, le Premier ministre Matteo Renzi est en tête avec une cote de 42,2% devant son prédécesseur Enrico Letta (25,5%) suivi de Berlusconi senior avec 23% mais Pier Silvio se classe en quatrième position avec 20,6%, deux points de plus que Marina.

Selon le Corriere della Sera qui cite "le résultat de sondages et groupes de discussion", Pier Silvio, vice-président de Mediaset, est perçu comme "un manager capable, jeune mais pas trop, avec une situation familiale solide et tranquille (il a la même compagne, une ex-starlette, depuis 17 ans) et est considéré comme le deuxième dirigeant le plus prometteur pour l'avenir derrière Renzi".

Le problème, soulignent les éditorialistes, c'est que comme sa soeur Marina l'intéressé rechigne à la tâche.

Pour Paolo Romani, un proche de M. Berlusconi, "le leadership de Forza Italia reste entre les mains de Silvio Berlusconi et ce serait une erreur de présenter une autre personnalité, même venant de la même famille, seulement parce qu'elle porterait le même nom".

Selon Altero Matteoli, autre lieutenant de l'ex-Cavaliere, même s'il ne peut pas être candidat, "personne ne peut lui retirer (ni à son parti, ndlr) le soutien de l'électorat".

Les plus récents sondages créditent Forza Italia (centre-droit) de 24% des intentions de vote, au deuxième rang national derrière le Parti démocrate (PD, centre gauche) du Premier ministre Matteo Renzi (31,4%), alors que le Nouveau centre droit qui regroupe d'ex-partisans de Berlusconi restés fidèles à la coalition au pouvoir ne recueilleraient que 3,7%.

Giovanni Toti, conseiller politique de M. Berlusconi, s'est voulu optimiste sur le résultat des courses: "Je vois beaucoup de hiboux (tristes) ! mais non ce n'est pas la nuit, il fait beau à Rome", a-t-il tweeté avant une réunion d'état-major sur le nom de la future liste qui incluera très probablement le patronyme Berlusconi.

Paolo Romani a déjà suggéré plusieurs options: "FI-Berlusconi pour l'Europe" ou "Forza Italia pour l'Europe avec Berlusconi comme président", jouant sur une certaine ambiguité puisque M. Berlusconi même privé de droits électoraux reste président de FI qui a le statut d'association.

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