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Vol MH370: pas de passager suspect, mais des données effacées du simulateur de vol du pilote

19/03/2014 06:18 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
A woman pushes her baby cart in front of the messages board for passengers aboard a missing Malaysia Airlines plane at Kuala Lumpur International Airport in Sepang, Malaysia, Wednesday, March 19, 2014. New radar data from Thailand gave Malaysian investigators more potential clues Wednesday for how to retrace the course of the missing Malaysian airliner, while a massive multinational search unfolded in an area the size of Australia. (AP Photo/Vincent Thian)

Toujours infructueuse sur le terrain, l'enquête sur la disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines semblait mercredi mettre hors de cause passagers et membres d'équipage même si le commandant de bord et son simulateur de vol ne laissent pas d'intriguer.

Le vol MH370 assurant la liaison Kuala Lumpur-Pékin avec 239 personnes à bord -- dont deux tiers de Chinois -- s'est volatilisé peu après son décollage le samedi 8 mars à 00H41.

Le changement de cap et la désactivation apparemment délibérés des systèmes de communication de l'avion ont placé les pilotes au centre de l'enquête bien que les investigations menées jusqu'ici n'aient pas été probantes.

Le ministre malaisien des Transports et de la Défense, Hishammuddin Hussein, a annoncé mercredi que l'examen du simulateur de vol grand public saisi au domicile du pilote avait révélé que "des données" avaient été effacées.

"Des experts tentent de les récupérer", a-t-il ajouté lors de sa conférence de presse quotidienne, sans autre précision.

Selon certains experts, il n'est pas inhabituel que des pilotes de ligne possèdent un simulateur chez eux.

Le ministre a par ailleurs indiqué que les vérifications réalisées par chacun des pays concernés autour du profil des 239 passagers et membres d'équipage n'avaient révélé "aucune information significative".

Seules la Russie (un ressortissant) et l'Ukraine (deux ressortissants) n'ont pas transmis leurs conclusions.

Des proches de passagers chinois furieux ont fait irruption mercredi dans la salle de presse peut avant les déclarations du ministre. "Ils nous disent des choses différentes tous les jours. Où est l'avion maintenant? Nous n'en pouvons plus", se désespérait une femme.

- Tensions géopolitiques -

Sur le plan des recherches, des intérêts adverses et une coordination chaotique entravent les opérations qui mobilisent 26 pays dans une région marquée par de constantes tensions géopolitiques.

La Chine et ses voisins se disputent notamment la souveraineté de la mer de Chine méridionale et les Etats-Unis ont fait de l'Asie-Pacifique un "pivot" de leur géostratégie.

Les premières recherches après la disparition du Boeing ont été particulièrement laborieuses avec une avalanche d'informations contradictoires et des Etats peu enclins à partager leurs observations.

Alors que des opérations étaient lancées le jour-même sur la trajectoire de l'avion, entre la Malaisie et le Vietnam, la Malaisie annonçait dès le lendemain qu'il avait probablement changé de cap après environ une heure de vol, en direction de l'ouest.

Cette thèse a depuis été confirmée et les recherches ont été réorientées. Elles s'étendent désormais, sur un axe nord-sud, de l'Asie centrale au sud de l'océan Indien, dans un périmètre de plus de 2,2 millions de km2, plus vaste que l'Australie.

La Malaisie a admis que ses radars militaires avaient bien identifié l'avion tout en expliquant qu'aucune mesure n'avait été prise car il ne semblait pas "hostile".

Une faute potentiellement lourde de conséquences puisqu'aucune trace de l'avion n'a été repérée depuis et que sa boîte noire ne dispose que de 30 jours d'autonomie.

Mercredi, la Thaïlande a elle aussi reconnu implicitement un ratage.

Ses radars ont montré que le samedi 8 mars "à 00h28 (01H28 heure de Malaisie), six minutes après la disparition du vol MH370 (après le dernier signal émis par le transpondeur, NDLR), un appareil non identifié volait dans une direction sud-ouest" avant de faire cap au nord, a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée de l'Air, Monthon Suchookorn.

- Défis multiples -

Interrogé sur la raison pour laquelle ces éléments n'ont pas été divulgué plus tôt, il a expliqué que "l'appareil n'était pas dans l'espace aérien thaïlandais et n'était pas une menace pour la Thaïlande".

"Aucun pays ne va révéler des informations montrant les limites de ses capacités" technologiques ou militaires, analyse Paul Yap, professeur d'aéronautique à l'université Temasek Polytechnic de Singapour.

Prenant acte des "défis diplomatiques, techniques et logistiques" de l'opération, la Malaisie a décidé de déléguer une partie de son contrôle opérationnel.

L'Australie et l'Indonésie sont de ce fait chargées des recherches pour la zone sud, la Chine et le Kazakhstan pour la zone nord. Un pas dans la bonne direction qui ne résout pas tout.

L'Indonésie a ainsi dû immobiliser cinq bâtiments de Marine dans le détroit de Malacca "dans l'attente d'information de la Malaisie ou d'ailleurs".

L'Inde a également suspendu ses recherches en mer Andaman. "Il ne nous revient pas d'agir de notre propre initiative. C'est une affaire qui regarde les gouvernements. Nous attendons les ordres", a indiqué à l'AFP une source au ministère indien de la Défense.

Aux Maldives, des témoins ont rapporté avoir vu un gros porteur volant à basse altitude le jour de la disparition du vol MH370 mais les radars civils et militaires n'ont rien repéré.

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