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Ukraine: Washington prêt à renforcer ses sanctions (ambassadrice à l'ONU)

19/03/2014 04:51 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

L'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power a affirmé mercredi que Washington "était prêt à prendre des mesures supplémentaires si la Russie poursuit son agression ou ses provocations".

Mme Power faisait référence aux sanctions déjà décidées par les Etats-Unis et les Européens à la suite du rattachement de la Crimée à la Russie décidé par Moscou après un référendum controversé.

Lors d'un débat sur l'Ukraine au Conseil de sécurité, elle a aussi averti que "ce qui s'est passé en Crimée ne pouvait pas se répéter dans d'autres parties de l'Ukraine", une allusion à l'Est russophone du pays.

"Ce que la Russie a fait est mauvais au regard de la loi, de l'histoire et de la politique, et c'est dangereux", a-t-elle dit.

"Un voleur peut dérober ce qui ne lui appartient pas mais cela ne lui donne pas de titre de propriété", a-t-elle encore déclaré.

Ces propos lui ont valu une réplique indignée de l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine qui a jugé que "ces insultes adressées à (son) pays sont inacceptables". "Si la délégation des Etats-Unis souhaite notre coopération sur d'autres sujets au Conseil de sécurité, Mme Power doit comprendre cela", a-t-il averti.

L'ambassadeur français Gérard Araud a lui aussi affirmé que "l'acquisition de territoire résultant de l'usage de la force ou même de la simple menace ne saurait être reconnue".

Il a souhaité "lancer un double appel à la Russie; lui dire de s'arrêter là, de cesser ses manoeuvres transparentes" et souligner "la nécessité pour Moscou d'ouvrir un canal de négociation directe avec Kiev". "Nous continuons d'appeler la Russie à la raison", a-t-il conclu.

M. Tchourkine n'a pas semblé entendre cet appel. Il a une nouvelle fois justifié la légitimité du référendum en Crimée, affirmant que "le peuple de Crimée a fait son choix et que ce choix doit être respecté".

Le rattachement de la péninsule à la Russie "corrige une injustice historique", a-t-il expliqué en rappelant la décision de Nikita Khrouchtchev en 1954 de faire de la Crimée une partie de l'Ukraine.

S'adressant au Conseil, l'ambassadeur ukrainien Iouri Sergueyev a une nouvelle fois martelé que le référendum et le rattachement étaient "illégitimes". "Nous demandons au monde civilisé de ne pas les reconnaitre", a-t-il lancé.

A l'ouverture de la réunion, les 15 ambassadeurs avaient entendu le vice-secrétaire général de l'ONU Jan Eliasson rendre compte de sa récente visite en Ukraine et évoquer le prochain voyage de Ban Ki-moon à Moscou jeudi puis à Kiev vendredi.

M. Eliasson a souligné "l'importance d'ouvrir immédiatement un dialogue direct" entre Moscou et Kiev et d'"éviter de nouvelles provocations" après la prise de deux bases militaires ukrainiennes en Crimée.

Il s'agissait de la huitième réunion consacrée par le Conseil à la crise ukrainienne et de la première depuis que le président russe Vladimir Poutine a entériné le résultat du referendum et donc le rattachement de la Crimée à la Russie.

Le Conseil n'a jamais réussi à se mettre d'accord sur une position commune, la Russie ayant usé de son droit de veto pour bloquer samedi dernier une résolution occidentale.

avz/gde

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