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Ukraine : levée de boucliers contre des députés après des violences sur le patron de la télévision publique

19/03/2014 09:16 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Des députés du parti nationaliste ukrainien Svoboda, qui participe au gouvernement de transition, se trouvaient mercredi confrontés à une levée de boucliers après avoir brutalisé le patron de la télévision publique pour le contraindre à la démission.

Le parquet général a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire afin d'établir les faits, qui se sont déroulés mardi.

Selon une vidéo diffusée par le site internet Ukrainska Pravda, trois députés se sont introduits dans le bureau d'Alexandre Panteleïmonov, directeur général de la télévision nationale, l'accusant de propagande en faveur du pouvoir pendant le mouvement de contestation qui a conduit à la fuite du président Viktor Ianoukovitch.

Face à son refus de quitter ses fonctions et à sa tentative de quitter les lieux, les élus ont retenu par la force le responsable nommé début 2013 sous M. Ianoukovitch, et l'ont violemment obligé à s'asseoir et à signer une lettre de démission.

L'incident a été vivement dénoncé par la fédération professionnelle des journalistes et des leaders politiques.

Dès mardi soir, le Premier ministre Arseni Iatseniouk a parlé d'"actes inadmissibles". "Ce ne sont pas nos méthodes. Le pays, qui se dirige vers l'Union européenne, agira en respectant les principes et les valeurs de la communauté européenne", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov a qualifié ces actes de "monstrueux".

L'ex-champion de boxe Vitali Klitschko, candidat à la présidentielle du 25 mai, a appelé les élus concernés à la démission, estimant que c'était au public et aux autorités de juger le travail de M. Panteleïmonov et "pas aux députés utilisant la force".

Le chef de file de Svoboda Oleg Tiagnybok a également fait part de sa réprobation. "Nous devons comprendre que nous ne faisons plus partie de l'opposition, mais (que nous sommes) au pouvoir. Nous disposons d'autres moyens de lutte, même contre les traîtres", a-t-il plaidé.

L'un des députés en cause, Igor Mirochnytchenko, a présenté ses excuses, affirmant avoir agi "sous le coup de l'émotion". Il a cependant refusé d'abandonner son mandat, en l'absence de décision de justice en ce sens.

La télévision publique a été accusée de mensonges et de propagande par les manifestants qui demandaient le départ de M. Ianoukovitch, tandis que les chaînes privées, critiques envers le mouvement de contestation au départ, ont rapidement adopté un ton plus neutre.

Une vingtaine de personnes de sont rassemblées mercredi devant le parquet général à Kiev pour réclamer une enquête contre les députés de Svoboda en cause.

"Il faut arrêter d'employer la force dans ce pays", a expliqué Taras Dantchouk, 36 ans. "J'ai voté pour Svoboda et maintenant j'ai honte".

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