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Travail forcé: 1er procès chinois en vue contre deux entreprises japonaises

19/03/2014 06:18 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Un tribunal pékinois a accepté pour la première fois d'instruire une plainte déposée contre des entreprises japonaises par des Chinois forcés de travailler dans des usines et mines pendant la Deuxième guerre mondiale, a indiqué un de leurs avocats.

"Nous avons été avisés que le tribunal acceptait d'instruire l'affaire", a déclaré à l'AFP Kang Jian. Les précédentes tentatives de lancer une telle procédure judiciaire en Chine avaient jusqu'à présent toutes échoué.

Sur les 40 plaignants, deux ont eux-mêmes été soumis au travail forcé lors de l'occupation japonaise, tandis que les 38 autres représentent un membre de leur famille aujourd'hui décédé.

Les deux entreprises visées par la plainte, déposée fin février, sont Mitsubishi Materials Corp. et Nippon Coke & Engineering, anciennement connue sous le nom de Mitsui Mining.

Les plaignants leur réclament des dommages et intérêts à hauteur de 1 million de yuans (117.000 euros) pour chacun des travailleurs, ainsi que des excuses publiques imprimées dans des journaux chinois et japonais.

"En se fondant sur les preuves dont nous disposons, il n'y a aucune raison que le tribunal ne reconnaisse pas la responsabilité de ces entreprises", a estimé Mme Kang.

"Mon père se souvient encore des circonstances de son arrestation (...) et à quoi ressemblait la mine de charbon où il avait été affecté", a déclaré Zhang Yang, fils d'un des survivants, cité par le journal Global Times.

Le Japon, dont les forces armées avaient envahi la Chine à la fin des années 1930, avait forcé des dizaines de milliers de Chinois à travailler dans des usines et mines afin de remédier à la pénurie de main-d'oeuvre en plein conflit mondial.

Lors d'un point presse régulier, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a appelé mercredi le Japon à "prendre ses responsabilités" concernant les méfaits qu'il a commis lors de l'Histoire.

"Le recrutement forcé de travailleurs a été un grave crime commis par le Japon durant la Deuxième guerre mondiale, qui a causé d'importants dommages physiques et mentaux aux victimes chinoises", a déclaré Hong Lei.

Cette plainte, devant une justice chinoise qui reste sous l'étroit contrôle des autorités, intervient alors que s'intensifient les tensions entre Pékin et Tokyo, attisées par une querelle de souveraineté sur un archipel en mer de Chine orientale.

Selon le gouvernement nippon et la Cour suprême japonaise, le droit de demander des compensations pour les préjudices subis lors de la guerre n'existe plus pour les citoyens chinois depuis "le Communiqué commun" adopté en 1972.

Dans ce document, le gouvernement chinois reconnaissait "renoncer à demander au Japon des indemnités de guerre, dans l'intérêt de l'amitié entre les peuples des deux pays".

Les tribunaux japonais ont eux-mêmes rejeté de nombreuses plaintes chinoises sur la question du travail forcé.

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