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Somalie: le kamikaze était un Norvégien d'origine somalienne de 60 ans (shebab)

19/03/2014 06:36 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Le kamikaze qui a projeté mardi un véhicule-suicide contre des troupes africaines et somaliennes dans la localité somalienne de Buula Burde était un Norvégien d'origine somalienne de 60 ans, ont annoncé mercredi les islamistes somaliens.

Le kamikaze "de Bulla Burde était un homme de 60 ans, venu de Norvège pour combattre les ennemis d'Allah", a expliqué à l'AFP un porte-parole des shebab, Abdulaziz Abu Musab, identifiant celui-ci comme Abdullahi Ahmed Abdulle, ayant la double nationalité norvégienne et somalienne.

"Il s'est sacrifié pour être proche d'Allah en tuant ses ennemis. Cette action nous montre qu'il n'y a pas d'âge limite pour le djihad", a poursuivi ce porte-parole.

Mardi vers 03H00, un commando shebab, à qui le véhicule-suicide avait ouvert la voie, a attaqué un hôtel où étaient stationnés des militaires somaliens et djiboutiens de la force de l'Union africaine (Amisom), à Buula Burde (200 km environ au nord de Mogadiscio), faisant plusieurs morts dans leurs rangs, selon l'Amisom qui n'a pas fourni de bilan précis.

Buula Burde avait été reprise aux shebab le 13 mars, dans le cadre d'une offensive d'ampleur lancée au début du mois par l'Amisom, appuyée par des forces pro-gouvernementales somaliennes, dans plusieurs provinces du pays.

L'Amisom, déployée depuis 2007 en Somalie et forte depuis janvier de 22.000 hommes, a repris en deux semaines six localités aux shebab. Confrontés à une puissance de feu supérieure, ces derniers essuient une série ininterrompue de défaites militaires depuis qu'ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011.

Dépossédés de leurs principaux bastions, les islamistes somaliens, liés à Al-Qaïda, contrôlent néanmoins toujours de larges zones rurales et privilégient désormais actions de guérilla et attentats, notamment à Mogadiscio.

La Norvège, comme le reste de la Scandinavie, accueille une forte communauté somalienne, notamment depuis la guerre civile qui a éclaté début 1991 en Somalie à la chute du président Siad Barre, plongeant le pays dans le chaos et poussant de nombreux Somaliens à l'exil en Europe, en Amérique, en Afrique ou au Moyen-Orient.

A Oslo, les services de renseignement norvégiens (PST) ont dit enquêter sur ces informations.

"D'une manière générale, nous voyons un nombre croissant de personnes quitter la Norvège pour se joindre à des groupes militants islamistes", a déclaré une porte-parole du PST, Siv Alsen, à l'AFP.

Le ministère norvégien des Affaires étrangères a indiqué avoir été informé par les médias et ne pas pouvoir faire de commentaire à ce stade.

Un Norvégien d'origine somalienne, Hassan Abdi Dhululow, avait été soupçonné d'avoir été l'un des membres du commando islamiste ayant attaqué mi-septembre le centre commercial Westgate à Nairobi, sans que sa présence ait été officiellement confirmée. L'attaque, revendiquée par les shebab, avait fait au moins 67 morts.

Entre 20 et 30 personnes sont parties de Norvège pour rejoindre les rangs des islamistes somaliens, parfois à des postes de commandement, avait estimé en octobre le chercheur norvégien Stig Jarle Hansen, spécialiste de la Somalie, interrogé par l'AFP.

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