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RSF dénonce les "actes d'intimidation" de Kigali envers les journalistes

19/03/2014 12:35 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Reporters sans frontières (RSF) a condamné mercredi "les pressions et actes d'intimidation intolérables" du gouvernement rwandais envers des journalistes, dans le but d'étouffer la liberté de l'information et d'occulter tout reportage indépendant sur le pays, selon cette organisation.

"Ce harcèlement s'exerce aussi bien à l'encontre des journalistes rwandais, qui font les frais de la répression depuis des années, que de journalistes étrangers, notamment ougandais", affirme RSF.

"Le gouvernement rwandais répond souvent aux accusations de blocage d'information en se victimisant et en déclarant que des groupes de la communauté internationale mal intentionnés fustigent avec acharnement le pays, et mènent secrètement une campagne que les autorités de Kigali ont nommé "Blame Rwanda", poursuit l'ONG de défense de la presse.

"Il faut que le président Kagame comprenne qu'il est possible de critiquer son régime avec des arguments légitimes sans remettre en cause les fondements mêmes de l'Etat rwandais", ajoute Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF.

A l'appui de ses dires, l'ONG cite le cas de plusieurs journalistes rwandais et étrangers, notamment une journaliste de Radio France Internationale (RFI), Sonia Rolley, objet depuis plusieurs mois de harcèlement sur Twitter, et du journaliste freelance américain, Steve Terrill, qui le 15 mars, s'est vu refuser l'accès au territoire rwandais alors qu'il se rendait à Kigali couvrir pour Al Jazeera et The Christian Science Monitor les commémorations des 20 ans du génocide de 1994.

Ces incidents sont les derniers "d'une série d'intimidations visant tout journaliste osant questionner la politique du Rwanda", affirme RSF.

Ce harcèlement des acteurs de l'information s'étend aux pays voisins, toujours selon RSF: "plusieurs journalistes ougandais qui ont traité de sujets en lien avec le Rwanda ont récemment été visés par d'inquiétantes menaces de la part des autorités rwandaises agissant notamment par le biais de leurs services de renseignement et de sécurité à l'étranger". Quatre journalistes du Daily Monitor "sont actuellement victimes de graves intimidations allant jusqu'à des menaces d'élimination", précise l'ONG.

Dans son classement mondial de la liberté de la presse 2014, RSF classe le Rwanda à la 162e place, sur 180 pays.

jpc/hba/de

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