POLITIQUE

François Legault assure qu'il aspire toujours aux plus hautes fonctions (VIDÉO)

19/03/2014 10:04 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Même s'il est à la traîne dans les sondages, même si le débat se polarise de plus en plus autour du thème référendaire, même si sa campagne est parsemée d'embûches de toutes sortes, François Legault «garantit» que son objectif est toujours de s'asseoir sur le fauteuil de premier ministre.

À la veille du débat des chefs, le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ) a continué à y aller de nouveaux engagements, mercredi, en déposant sa plateforme électorale.

Entouré d'une trentaine de ses députés sortants et candidats, dans le Vieux-Montréal, François Legault a reconnu qu'il se devait de garder le moral pour continuer à inspirer ses troupes jusqu'à la toute dernière minute. La responsabilité qui lui incombe est «lourde», a-t-il affirmé, mais cela vient avec le rôle de leader, qu'il dit «assumer».

Il a déclaré qu'il n'avait pas jeté l'éponge — même s'il s'était dit la veille «réaliste» face aux résultats des sondages qui le placent loin derrière, en troisième position — et a assuré qu'il continuait à aspirer à occuper le siège de premier ministre le 7 avril.

«C'est ce que je vise. C'est ce que je vise, a-t-il martelé. Mais je peux vous dire que je vais donner toute mon énergie dans les 20 jours qu'il reste pour être premier ministre du Québec.

«Écoutez, moi je souhaiterais être à 50 pour cent dans les sondages. (...) Il reste trois semaines, il reste surtout deux débats; moi je pense qu'il y a une belle opportunité d'envoyer un message à la population», a poursuivi le chef caquiste.

La présentation de la plateforme représentait la seule activité pour François Legault, mercredi. Il se retirera ensuite chez lui, à Montréal,afin de se préparer au débat des chefs qui aura lieu jeudi soir.

«Ce qui est le plus stressant, c'est d'avoir la responsabilité de tous ces gens-là, a-t-il dit en se retournant vers ses troupes. On sait qu'à peu près le tiers des électeurs décident de leur vote au débat, donc c'est quand même pas rien.»

Le chef caquiste n'a évidemment pas dévoilé quelle était sa stratégie en prévision de la joute oratoire, pour laquelle il se préparera notamment en compagnie de Martin Koskinen, son conseiller principal, qui est à ses côtés depuis des années.

Mais il semble tout de même avoir Philippe Couillard dans sa mire — après tout, en plus de lui avoir vraisemblablement grugé des appuis dans la région de Québec, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) en sera à sa première expérience dans un débat électoral.

«J'ai hâte de voir, entre autres, si M. Couillard a bien fait ses devoirs, s'il est prêt à gouverner. À voir son cadre budgétaire, et ses 'Philippeflop' des derniers mois, je pense qu'il y a peut-être une opportunité de démontrer que M. Couillard n'est pas prêt à gouverner», a lancé François Legault.

Rapatrier des pouvoirs d'Ottawa

Les nouveaux projets élaborés dans la plateforme électorale caquiste s'articulent autour du thème «Le Québec d'abord» et supposent le rapatriement de certains pouvoirs d'Ottawa.

Il est notamment question de mettre en place un rapport d'impôt unique — une mesure dont les économies sont évaluées à environ 100 millions $ par la CAQ —, d'encadrer le pouvoir fédéral de dépenser et d'élargir les responsabilités du Québec en matière de promotion de sa culture à l'étranger.

François Legault se défend de vouloir ouvrir un nouveau front de bataille avec le fédéral. Il estime que le tout pourrait se concrétiser par l'entremise de négociations «de bonne foi» entre les deux ordres de gouvernement, ce qui différerait de l'approche préconisée par ses adversaires péquistes et libéraux.

Et selon lui, la CAQ serait la formation «la mieux placée» pour mener des discussions fructueuses: «On n'a pas d'agenda caché comme Pauline Marois, et nous ne sommes pas à genoux devant le fédéral comme Philippe Couillard», a-t-il affirmé.

La plateforme électorale de la CAQ contient l'ensemble des thèmes abordés depuis le début de la campagne, soit les baisses de taxes de 1000 $ pour les familles, la réduction de la bureaucratie, ou encore la création d'emplois — notamment par l'entremise du Projet Saint-Laurent.

Le document est beaucoup moins volumineux que celui de la campagne électorale précédente; il tient sur à peine 24 pages et aligne 37 engagements, tandis que le précédent comptait 94 promesses détaillées sur plus de 100 pages.

Le chef caquiste a admis avoir appris de sa précédente expérience qu'il valait mieux éviter de s'«éparpiller» en saupoudrant de trop nombreuses promesses.

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