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Montréal et Québec demandent aux partis de s'engager sur un statut particulier

19/03/2014 01:13 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les villes de Montréal et de Québec s'unissent pour demander aux chefs des principaux partis politiques de se prononcer lors du débat, jeudi soir, sur leurs demandes de statut particulier pour chacune d'elles.

Les maires Denis Coderre et Régis Labeaume ont présenté, mercredi à Montréal, une liste d'épicerie ambitieuse, qui vise à reconnaître leur statut respectif de métropole et de capitale.

«Le temps est venu d'arrêter de considérer les municipalités comme des créatures provinciales», a déclaré M. Coderre.

Les demandes comprennent notamment des pouvoirs additionnels, des transferts de budgets correspondant aux responsabilités que doivent assumer les villes et la marge de manoeuvre réglementaire requise pour y arriver.

Le maire Coderre a fait valoir le besoin, entre autres, de pouvoir négocier directement avec Ottawa sans passer par Québec. Il réclame de plus, pour Montréal, un siège au conseil d'administration d'Hydro-Québec, invoquant notamment le dossier de l'électrification des transports pour justifier cette revendication jusque-là inédite.

Les deux maires ont fait valoir que le statu quo ne peut plus durer et empêche les villes de répondre aux besoins de leurs citoyens et de se développer.

«La métropole est presque en quasi-tutelle et doit être obligée constamment d'être dans la salle d'attente de l'Assemblée nationale pour faire des changements, a martelé le maire Coderre. Au lieu de quêter constamment, on veut qu'il y ait un changement en profondeur à la façon de concevoir les municipalités.»

MM. Coderre et Labeaume, appuyés par les représentants de l'Union des municipalités du Québec et l'Association des municipalités de banlieue, ont rappelé que c'est tout le Québec qui souffre de l'asservissement de leurs villes et de leur incapacité à réaliser leurs projets.

«Nous n'en pouvons plus d'étouffer sous les lois, l'accumulation des lois, la multiplication des règlements, qui fait en sorte que des bureaucrates à Québec souvent ont plus de pouvoir que le maire de Montréal, que le maire de Québec pour gérer leur propre ville», a pour sa part fait valoir Régis Labeaume, dénonçant par exemple qu'il doive passer par Transports Québec pour modifier la limite de vitesse dans un quartier.

M. Labeaume, toujours aussi frondeur, a soutenu que la plus importante difficulté à laquelle sont confrontés les maires est le «blocage psychologique» au sein de l'appareil gouvernemental.

«Humainement et politiquement, les élus à Québec ne veulent pas laisser aller de pouvoir. Humainement, des bureaucrates ne veulent pas laisser aller du pouvoir. Le problème est là. Il faut que ces gens fassent un 'reset' dans leur esprit et comprennent que, pour des raisons d'efficacité et, à la limite, d'économie, ils doivent laisser aller du pouvoir», a-t-il dit.

Concrètement, les maires demandent les outils et les sources de financement qui leur permettront de s'occuper adéquatement de responsabilités qui sont déjà les leurs, notamment en matière de développement économique, de culture, de relations internationales, d'immigration et de transport collectif.

Plus encore, le maire Coderre a dit vouloir assumer les responsabilités et les budgets de centres locaux de développement (CLD), des corporations de développement économique communautaire (CDEC) et d'autres organismes de développement économique qui oeuvrent sur son territoire.

Estimant que la campagne électorale représente le moment idéal pour passer leur message, ils demandent donc un engagement de tous les partis à doter les deux grandes villes des outils requis pour assurer leur avenir et, en ce sens, des signaux clairs lors des débats des chefs.

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