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L'Ukraine tiendra des exercices militaires avec les USA et le Royaume-Uni

19/03/2014 05:57 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

SÉBASTOPOL, Ukraine - Les forces de la Russie ont pris le contrôle d'installations militaires dans la péninsule de la Crimée mercredi, poussant le chef de la sécurité de l'Ukraine à annoncer que son pays tiendra des exercices militaires avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

Par ailleurs, le vice-président américain Joe Biden se trouvait en Lituanie dans le but de rassurer les pays situés le long des frontières de la Russie qui pourraient craindre que Moscou ait des visées expansionnistes.

L'Ukraine a été impuissante à empêcher les troupes russes à prendre le contrôle de la Crimée, que le président de la Russie, Vladimir Poutine, a annexée à son pays mardi. Mercredi, des cagoulards s'exprimant en russe ont pris le contrôle du quartier général de la marine ukrainienne dans le port de Sébastopol, où ils ont détenu le chef de la marine ukrainienne. Ils n'ont reçu aucune résistance.

Andriy Parubiy, secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l'Ukraine, a annoncé que le gouvernement avait commencé à élaborer une stratégie pour retirer ses troupes de la Crimée et les ramener chez elle. M. Parubiy a aussi indiqué que l'Ukraine allait demander l'aide des Nations unies pour faire de la Crimée une zone démilitarisée.

M. Parubiy a enfin dévoilé que l'Ukraine allait tenir des manoeuvres militaires avec les pays ayant signé le mémorandum de Budapest, en 1994. Il n'a pas donné de détails. Le document a été paraphé par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie pour garantir l'intégrité territoriale de l'Ukraine après que le pays eut cédé une partie de son arsenal nucléaire soviétique à la Russie.

L'Ukraine accuse la Russie d'avoir transgressé l'entente en prenant le contrôle de la péninsule de la Crimée, une région sur laquelle la Russie resserre son emprise depuis que ses forces armées ont pris plusieurs installations militaires.

De plus, M. Parubiy a fait savoir que l'Ukraine avait décidé de quitter la Communauté des États indépendants, une alliance formée de 11 anciennes nations, dominée par Moscou. Le dernier pays à avoir quitté le groupe est la Géorgie, qui a perdu un bref conflit avec la Russie en 2008, ainsi que deux territoires séparatistes.

Dans un avertissement lancé à Moscou, M. Biden a déclaré que les États-Unis allait répliquer à tout assaut contre ses alliés de l'OTAN, qui inclut des voisins de la Russie.

Accompagné de deux leaders de nations baltes, à Vilnius, M. Biden a affirmé que les États-Unis étaient «absolument déterminés» à défendre leurs alliés, ajoutant que le président Barack Obama envisage demander des engagements fermes de membres de l'OTAN pour assurer que l'alliance puisse protéger sa sécurité collective.

«La Russie ne peut échapper au fait que le monde change et qu'il rejette catégoriquement son comportement», a déclaré M. Biden, à l'issue de sa rencontre avec la présidente de la Lituanie, Dalia Grybauskaite, et le président de la Lettonie, Andris Berzins.

Des centaines de miliciens se sont emparés de la base sans rencontrer la moindre opposition. Sébastopol accueille aussi la flotte russe de la mer Noire, et des dizaines de milliers de soldats dirigés par la Russie patrouillent maintenant la Crimée.

Ce nouvel événement survient après qu'un affrontement entre soldats ukrainiens et miliciens prorusses ait fait deux morts, mardi.

Les cagoulards russophones portaient des casques, des vestes pare-éclats et des uniformes sans aucune insigne permettant de les identifier. Ils avaient pris le plein contrôle de la base navale en après-midi, et on ne sait pas combien de soldats ukrainiens se trouvaient toujours sur place.

Le ministère ukrainien de la Défense ne rapporte aucun blessé pendant cette opération, qui selon lui a été menée par des miliciens prorusses et des Cosaques.

Le ministère a ajouté, par voie de communiqué, que le contre-amiral Sergeï Haïduk a été détenu par des inconnus après l'assaut contre la base. L'agence de presse ITAR-Tass rapporte qu'il était questionné par des procureurs criméens.

Le ministre ukrainien de la Défense et le vice-premier ministre avaient prévu visiter la région pour tenter d'éviter que la situation ne dégénère. Le premier ministre criméen a toutefois prévenu qu'ils seraient refoulés à la frontière.

«Ils ne sont pas les bienvenus en Crimée, a déclaré Sergeï Aksionov, selon l'agence de presse Interfax. On ne leur permettra pas d'entrer en Crimée. Ils seront renvoyés.»

Interfax a plus tard cité la ministre du Bien-être Lyudmilla Denisova, selon qui les deux responsables s'étaient vus refuser l'entrée en Crimée. Elle a ajouté que le Conseil national de sécurité et de défense se réunirait d'urgence.

Au quartier général de la marine, un photographe de l'agence Associated Press a vu plusieurs centaines de membres des forces d'autodéfense entrant dans les locaux de l'administration centrale de la marine. Le drapeau russe a ensuite été hissé à cet endroit.

Les miliciens, qui n'étaient pas armés, ont attendu sur place pendant une heure, puis ont pris le contrôle des lieux après l'arrivée du commandant de la flotte de la mer Noire. Le photographe a pu pénétrer dans la base, où il a vu des soldats ukrainiens en train de plier bagages.

Le secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-moon, se rendra à Kiev et à Moscou pour tenter de désamorcer la crise. Il doit rencontrer le président Vladimir Poutine et d'autres dirigeants russes à Moscou jeudi avant de se rendre à Kiev le lendemain pour des entretiens avec le président et le premier ministre intérimaires.

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