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Le Sénégal critiqué pour le manque de progrès en faveur des enfants mendiants

19/03/2014 12:37 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

DAKAR, Sénégal - Le gouvernement sénégalais a échoué à respecter sa promesse de fermer les pensionnats coraniques dangereux et insalubres qui abritent des enfants mendiants, plus d'un an après qu'un incendie dans l'un de ces établissements ait tué huit jeunes garçons, a dénoncé une organisation internationale mercredi.

Human Rights Watch appelle le gouvernement à agir rapidement pour appliquer la législation proposée qui permettrait de réglementer les conditions de vie dans ces écoles coraniques, connues sous le nom de daaras.

Des dizaines de milliers de jeunes garçons, les talibés, sont censés apprendre le Coran dans ces écoles, mais ils passent plutôt l'essentiel de leurs journées à mendier dans les rues, avant de se retrouver dans des conditions déplorables pour dormir la nuit.

Le gouvernement sénégalais tente depuis des années d'interdire cette pratique, qui reste toutefois très enracinée dans la société. De nombreux parents pauvres considèrent que ces écoles sont la seule façon de fournir une éducation à leurs enfants. Les partisans des daraas affirment qu'elles enseignent l'humilité aux garçons et les préparent aux difficultés de la vie, mais les opposants estiment que cette pratique équivaut à une forme d'esclavage moderne.

Un nombre inconnu de garçons ont été tués en mendiant à travers les voitures dans les rues des grandes villes du pays, mais l'incendie survenu en mars 2013 dans un quartier populaire de Dakar a semblé changer la donne, le président Macky Sall ayant déclaré par la suite que toutes les daraas non conformes seraient fermées.

Dans son rapport publié mercredi, Human Rights Watch note que «même s'il y a eu certains progrès, la promesse de M. Sall reste largement non réalisée un an plus tard».

«Après l'incendie dans le quartier de la Médina, les autorités sont intervenues pour fermer seulement une école qui menaçait la sécurité des enfants, même si des militants affirment que des centaines d'autres sont facilement identifiables», déplore le rapport.

«En raison de l'application laxiste des lois, des dizaines de milliers de garçons à travers le Sénégal continuent d'être soumis à la pratique de la mendicité forcée.»

Le rapport de Human Rights Watch survient près de quatre ans après une importante étude de l'organisation qui a permis de documenter les abus répandus parmi les enfants forcés de mendier pour des écoles coraniques au Sénégal. Une loi adoptée en 2005 interdit déjà la mendicité forcée mais «elle est rarement appliquée, même dans les cas les flagrants, principalement à cause d'un manque de volonté politique», juge l'organisation.

Un nouveau projet de loi prévoyant une supervision accrue des écoles coraniques doit être présenté devant l'Assemblée nationale sénégalaise dans quelques mois.

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