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Le plateau du Golan, principal contentieux israélo-syrien

19/03/2014 12:01 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Le plateau syrien du Golan, où Israël a bombardé mercredi des positions syriennes, faisant un mort et sept blessés, après une explosion ayant blessé quatre soldats israéliens, est stratégique pour les deux pays, en particulier en raison de ses ressources en eau.

Bien qu'Israël et la Syrie soient toujours officiellement en état de guerre, ce territoire occupé était largement oublié, la ligne de cessez-le-feu étant calme depuis l'armistice de 1974 et l'essentiel de la population ayant fui.

La situation dans cette zone s'est tendue avec le conflit en Syrie, mais les incidents sont jusqu'à présent restés relativement mineurs, se limitant à des tirs à l'arme légère ou au mortier depuis la Syrie, auxquels l'armée israélienne a généralement répliqué.

Les violences les plus significatives ont eu lieu au printemps 2011: le 15 mai et le 5 juin, anniversaires de la création d'Israël et de la guerre de 1967, l'armée israélienne a ouvert le feu contre des réfugiés palestiniens et des Syriens qui tentaient de franchir la ligne de cessez-le-feu, faisant une trentaine de morts selon l'ONU.

Du côté contrôlé par Israël, le plateau surplombe la Galilée et le lac de Tibériade, et de l'autre, il commande la route vers Damas.

L'armée israélienne a conquis le 9 juin 1967 ce plateau d'où l'armée syrienne pilonnait les positions israéliennes en contrebas. Une poche supplémentaire d'environ 510 km2 a été occupée par Israël lors de la guerre d'octobre 1973, puis restituée en 1974, avec une petite partie des territoires occupés en 1967.

L'accord de 1974 a aussi créé une zone-tampon démilitarisée. Depuis, une force des Nations unies pour l'observation du désengagement (FNUOD) est chargée de contrôler le respect de cet accord.

Quelque 1.200 km2 du plateau du Golan, frontalier également du Liban et de la Jordanie, ont été annexés par Israël en 1981, mais cette décision n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Lors des guerres de 1967 et 1973, près de 150.000 personnes, soit la majorité des habitants syriens du Golan, ont fui le plateau. Seuls restent aujourd'hui quelque 18.000 Druzes, dont la quasi-totalité ont refusé la carte d'identité israélienne.

Depuis 1967, près de 20.000 colons israéliens s'y sont installés, répartis aujourd'hui dans 33 implantations, essentiellement agricoles.

L'intérêt d'Israël et de la Syrie pour le Golan est d'autant plus grand qu'il comprend d'importantes sources, en particulier celles du Banyas, qui alimente le Jourdain. Le Hasbani, qui prend sa source au Liban, traverse le Golan avant de se déverser dans le Jourdain, de même que la rivière Dan.

La question de l'eau a été au milieu des années 1960 l'une des principales causes du contentieux israélo-syrien, à l'origine de la guerre de juin 1967. Damas avait alors accusé l'Etat hébreu d'avoir détourné les sources du Jourdain.

Lancées dans les années 1990, les négociations israélo-syriennes ont toutes achoppé sur la question du Golan, dont la Syrie réclame la restitution totale jusqu'aux rives du lac de Tibériade.

Le quotidien israélien Yediot Aharonot a rapporté en octobre 2012, citant un compte rendu rédigé par le diplomate américain qui les a conduites, que de nouvelles négociations en 2011 avaient tourné court en raison du soulèvement en Syrie.

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