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Le Pakistan va créer une commission pour protéger les journalistes

19/03/2014 07:54 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Les autorités pakistanaises se sont engagées mercredi à créer une commission spéciale pour protéger les journalistes et à inclure la liberté de la presse au programme des négociations de paix avec les insurgés talibans, selon des responsables.

Le Pakistan demeure l'un des pays les plus dangereux et compliqué à travailler pour les reporters. Au cours de la dernière année, sept journalistes ont été tués dans l'exercice de leur fonction selon l'organisation Reporters sans frontières (RSF) qui classe par ailleurs le "pays des purs" à la 158e position (sur 180) de son palmarès mondial de la liberté de la presse.

Le Premier ministre Nawaz Sharif s'est engagé mercredi à mettre sur pied une Commission spéciale formée de journalistes, de figures publiques et de membres du gouvernement qui sera chargée de proposer des mesures pour protéger les reporters, ont indiqué ses services au terme d'une rencontre avec une délégation du Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Basé à New York, le CPJ est, avec RSF, l'un des principaux organismes oeuvrant à la protection des journalistes à travers le monde.

"Il s'agit de l'engagement le plus ferme, et au plus haut niveau (de l'Etat pakistanais) que nous avons reçu concernant le droit des journalistes à pratiquer leur métier sans crainte", s'est félicitée Kati Marton, membre du conseil du CPJ et de la délégation.

Au cours de l'entretien, M. Sharif s'est aussi engagé à faire de la protection des journalistes un enjeu des pourparlers de paix entre le gouvernement et le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), regroupement de factions islamistes armées, a précisé Mme Marton lors d'un entretien avec des correspondants étrangers.

"Je lui ai demandé... d'évoquer avec les talibans la liberté de presse et la sécurité des journalistes, la nécessité pour les talibans de mettre fin à leur violences contre la presse et à leur intimidation. Et il a dit qu'il allait le faire, qu'il allait mettre ce dossier au programme", a ajouté Mme Marton.

La délégation du CPJ y a aussi évoqué le cas de Declan Walsh, correspondant du New York Times expulsé l'an dernier sans raison officielle tout juste avant les législatives ayant porté au pouvoir M. Sharif. Plusieurs correspondants étrangers se sont également vu refuser récemment le renouvellement de leur visa pakistanais.

"Il (M. Sharif) a dit que ce cas allait être réglé... L'important est de lever l'interdiction de séjour de Walsh afin de permettre au New York Times de le renommer ou non" au Pakistan, a-t-elle ajouté.

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