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La police d'État du Venezuela a arrêté le maire de San Cristobal

19/03/2014 05:16 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Des agents de la police d'État du Venezuela ont arrêté le maire d'une ville de l'ouest du pays où se sont déroulées de nombreuses manifestations antigouvernementales.

Le maire de San Cristobal, Daniel Ceballos, qui aurait été arrêté dans un hôtel de Caracas, selon un de ses proches collaborateurs, devient le deuxième leader de l'opposition à être emprisonné par le gouvernement vénézuélien depuis le début des troubles, le mois dernier. Un autre chef de l'opposition, Leopoldo Lopez est détenu et accusé de complot et d'avoir provoqué un incendie.

M. Ceballos, qui était venu à Caracas participer à une rencontre de maires de l'opposition, est reconnu pour ses critiques virulentes contre la répression exercée par les forces de sécurité dans sa ville.

Le ministre de la Justice et de l'Intérieur, Miguel Rodriguez Torres a confirmé l'arrestation de M. Ceballos sur les ondes de la télévision d'État. «C'est faire bonne justice contre un maire qui, non seulement, ne respecte pas ses obligations telles que définies par la loi et la constitution, mais aussi aide et appuie toute la violence irrationnelle en cours à San Cristobal.»

Par ailleurs, le cabinet du Procureur fédéral a indiqué qu'un membre de la Garde nationale, avait été tué en tentant de mettre fin à une manifestation près d'une université à San Cristobal. Il s'agirait du cinquième membre de la Garde nationale à être tué au cours des manifestations.

Plus tôt, un employé municipal a été tué par balles pendant qu'il enlevait une barricade dans une rue d'un quartier de classe moyenne de Caracas, a annoncé le bureau du procureur fédéral du Venezuela mercredi.

Selon des informations préliminaires, Francisco Alcides Madrid Rosendo, 32 ans, a été atteint de plusieurs projectiles vers 22 h mardi, pendant que lui et d'autres employés démontaient une barricade dans le quartier de Montalban, dans l'ouest de la ville, selon une déclaration venant du bureau du procureur fédéral.

Jorge Rodriguez, maire progouvernemental de Caracas, a utilisé son compte Twitter pour blâmer des «terroristes» non identifiés, sans fournir d'autres détails.

Caracas et d'autres villes du Venezuela ont été perturbées par des manifestations antigouvernementales depuis plus d'un mois. Ces manifestations, menées par des étudiants, ont commencé en février et obtenu le soutien de citoyens de la classe moyenne, frustrés par une inflation dont le taux annualisé s'est élevé à 57 pour cent le mois dernier, un nombre accru de crimes violents et une pénurie de produits de base comme de l'huile de cuisson et du papier hygiénique.

L'assassinat de M. Rosendo porte à 27 le nombre de victimes liées aux manifestations depuis le 12 février. Environ 365 autres personnes ont été blessées à la suite de ces rassemblements.

Également mercredi, des responsables et résidants de la ville de Rubio, dans l'État occidental de Tachira, ont rapporté de grands efforts de la part de la Garde nationale pour retirer des barricades de manifestants qui ont eu pour effet de bloquer des quartiers pendant plusieurs semaines.

«La situation est terrible ici», a déclaré à l'Associated Press Francisco Rincon, vice-président du conseil municipal de Rubio. Il a mentionné que des soldats armés de carabines étaient postés à des coins de rues. Il a dit avoir compté 16 blessés, dont quatre par balles.

M. Rincon, qui est un membre du parti d'opposition La volonté du peuple, a affirmé que les protestataires avaient manifesté paisiblement, le matin, avant d'être dispersés par des gaz lacrymogènes et des cartouches à chevrotine de la part de membres de la Garde nationale et de civils pro-gouvernementaux.

Par ailleurs, le bureau du Procureur n'a pas immédiatement commenté un autre décès rapporté mercredi dans l'État de Tachira, où les circonstances demeuraient nébuleuses.

Raul Casanova, le recteur de l'Université nationale expérimentale de Tachira, a déclaré à l'Associated Press mercredi que Anthony Rojas, âgé de 18 ans, a été tué par balles mardi soir à Tariba, en banlieue de San Cristobal.

M. Casanova a ajouté que Rojas, un étudiant en génie mécanique à l'université, avait participé à des manifestations à San Cristobal, mais pas au moment où il a été abattu.

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