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Jour 15: La charte de la laïcité fait son apparition dans la campagne

19/03/2014 12:36 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - La charte de la laïcité, considérée comme une des cartes maîtresses du Parti québécois, a fait son apparition mercredi dans la campagne électorale.

En ce 15e jour de campagne, le parti de Pauline Marois a misé sur son projet de charte pour solidifier ses appuis et retrouver ceux qui ont glissé du côté du Parti libéral de Philippe Couillard.

Ce dernier, de plus en plus ouvertement combatif envers sa rivale péquiste, s'est attiré des remontrances quant à ses excès de langage et son ton jugé menaçant, en cette veille de débat des chefs.

La majorité des francophones se montre favorable à la charte, selon les plus récents sondages, et le ministre sortant des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, est venu rappeler mercredi que la seule façon de la faire adopter consiste à élire un gouvernement péquiste majoritaire.

Entouré de trois candidates péquistes issues des communautés culturelles, M. Drainville a nié que sa sortie en faveur de la charte avait un lien avec le dernier sondage qui plaçait, pour la première fois depuis le début de la campagne, le Parti libéral du Québec en avance dans les intentions de vote.

Dans Roberval, circonscription péquiste où le chef libéral Philippe Couillard tente de se faire élire, le PQ a dépêché six ministres mercredi pour prêter main-forte au député et candidat Denis Trottier, qui serait en danger.

En cette veille de premier débat télévisé des chefs, ces derniers ont ralenti la cadence, pour se préparer au grand rendez-vous de jeudi soir et s'y présenter frais et dispos. Mais alors que le plus récent sondage indique que le PLQ et le PQ ont tous les deux de bonnes chances de prendre le pouvoir le 7 avril, les couteaux risquent de voler bas.

Mercredi, M. Couillard, se décrivant comme un «tough», a donné un aperçu de son état d'esprit en prévenant Mme Marois qu'elle allait «y goûter» lors du débat si elle s'aventurait sur le terrain des attaques personnelles.

«Tentative d'intimidation», «langage grossier», «menace», la députée de Taschereau et ministre sortante Agnès Maltais n'était pas à court d'épithètes pour exprimer son dégoût des propos utilisés par M. Couillard.

En soirée, l'équipe libérale a fait savoir que son chef n'avait pas l'intention de s'excuser.

Ce dernier n'était pas à court d'expressions fortes. Plus tôt, interrogé sur le libellé de la question à être posée lors d'un éventuel référendum sur la souveraineté, sur les ondes d'une station radiophonique de Québec, M. Couillard a aussi dit craindre que Mme Marois privilégie une formulation longue et ambigüe, dans le but de «fourrer le monde».

Il a qualifié de «bébelle» ce qui avait trait à la question référendaire.

M. Couillard faisait un crochet en direction de Québec, une région où son parti pourrait faire des gains, avec la baisse de popularité de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, dans le but d'y présenter ses engagements pour la ville.

De son côté, à Montréal, le chef de la CAQ a déposé mercredi la plateforme électorale de son parti, autour de thèmes connus: réduction du fardeau fiscal, Projet Saint-Laurent, création d'emplois, atteinte du déficit zéro, baisse de taxes de 1000 $ pour les familles et charte des contribuables.

Dans ses relations avec Ottawa, la CAQ souhaite aussi encadrer le pouvoir fédéral de dépenser et élargir les responsabilités du Québec en matière de promotion de sa culture à l'étranger.

Malgré le fait que l'appui populaire envers le PLQ soit à la hausse, le chef d'Option nationale, Sol Zanetti, candidat souverainiste dans Jean-Lesage à Québec, a dit qu'il n'était pas question de proposer ou d'accepter quelque alliance ou rapprochement que ce soit avec le Parti québécois d'ici la fin de la campagne, de manière à favoriser sa réélection.

Il estime que sa formation ne fait pas le jeu du PLQ en divisant le vote souverainiste. «Nous, on joue le jeu de l'indépendance. On veut re-coaliser le mouvement indépendantiste», a-t-il dit, en entrevue.

A Lévis, Québec solidaire a dit souhaiter lutter contre la pauvreté, en instaurant une politique de revenu minimum garanti annuel de 12 600 $.

Comme elles avaient fait lundi, les villes de Montréal et de Québec se sont unies pour demander aux chefs des principaux partis politiques de se prononcer lors du débat sur les enjeux municipaux, cette fois sur leurs demandes de statut particulier pour chacune d'elles.

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