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Iran : la Russie pourrait modifier sa position sur la question nucléaire

19/03/2014 03:56 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

MOSCOU - La Russie pourrait revoir sa position dans le dossier des pourparlers nucléaires avec l'Iran alors que persistent des tensions avec l'Occident au sujet de l'Ukraine, a avisé un haut diplomate mercredi.

Selon l'agence de nouvelles Interfax, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a fait savoir que la Russie ne voulait pas se servir des discussions nucléaires avec l'Iran pour «accroître l'enjeu», mais pourrait le faire en réponse aux mesures mises de l'avant par les États-Unis et l'Union européenne.

Il s'agit de la plus sérieuse menace de représailles de la part de Moscou depuis que les États-Unis et l'Union européenne ont annoncé des sanctions contre la Russie à la suite de son annexion de la Crimée.

M. Ryabkov, qui est l'envoyé de la Russie dans le dossier iranien, a indiqué que son pays considère la «réunification» avec la Crimée beaucoup plus importante que les développements entourant le programme nucléaire en Iran.

La Russie a collaboré avec les États-Unis et d'autres nations occidentales dans les pourparlers avec l'Iran, mais M. Ryabkov a averti que cette attitude pourrait changer.

Le vice-ministre russe n'a cependant pas donné plus de détails.

«Nous n'aimerions pas utiliser ces pourparlers comme d'un élément visant à rehausser l'enjeu, considérant les sentiments dans certaines capitales européennes, à Bruxelles et à Washington, aurait déclaré M. Ryabkov, selon l'agence Interfaxe. Mais si on nous pousse vers cela, nous adopterons aussi des mesures de représailles. L'importance historique de ce qui s'est passé au cours des dernières semaines et des derniers jours, en lien avec la restauration d'une justice historique et de la réunification de la Crimée avec la Russie est incomparable avec ce à quoi nous faisons face avec la question iranienne.»

L'Iran a accepté de réduire ses activités nucléaires, en vertu d'une entente intervenue en novembre dernier avec six puissances mondiales, dont la Russie.

Téhéran insiste sur le fait que son programme nucléaire a des visées pacifiques et rejette les craintes de l'Occident qu'il pourrait cacher des efforts pour développer des armes nucléaires. L'Iran a accepté de limiter, temporairement, ses activités nucléaires en échange d'une réduction des sanctions à son endroit.

En attendant, les deux parties tentent de conclure une entente plus vaste qui aurait pour effet d'instaurer des restrictions à long terme au programme nucléaire iranien en échange de la fin des sanctions économiques.

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