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Golan: Israël lance une mise en garde à Assad

19/03/2014 04:35 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Israël a lancé au mise en garde au régime du président syrien Bachar al-Assad, pilonnant des positions syriennes dans la nuit de mardi à mercredi sur les hauteurs du Golan après une explosion qui a blessé quatre soldats israéliens, des hostilités qui pourraient déclencher une escalade militaire entre Israël et la Syrie après des décennies de calme.

"Tsahal (l'armée israélienne) a ciblé plusieurs positions militaires syriennes qui ont servi à mener l'attaque contre des soldats hier", a indiqué un communiqué militaire, précisant que les raids avaient touché une infrastructure d'entraînement de l'armée syrienne, des QG militaires et des batteries d'artillerie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait averti dès mardi qu'Israël réagirait "avec force" après une explosion dans la partie israélienne du plateau du Golan occupé, dans laquelle quatre parachutistes ont été blessés, dont un grièvement.

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon a mis en demeure mercredi le régime du président Assad de cesser de "coopérer" avec les ennemis d'Israël.

"Nous considérons que le régime d'Assad est responsable de ce qui se passe sur son territoire et s'il continue à coopérer avec les agents terroristes qui cherchent à nuire à l'Etat d'Israël il paiera un prix élevé", a déclaré M. Yaalon dans un communiqué.

Certaines zones du côté syrien du plateau du Golan sont contrôlées par des rebelles combattant l'armée syrienne, y compris des combattants jihadistes hostiles à Israël.

Selon Israël, le puissant mouvement chiite libanais Hezbollah, allié de Bachar al-Assad et ennemi de longue date d'Israël, est également présent dans cette région.

"Nous ne tolérerons aucune atteinte à notre souveraineté ou toute attaque contre nos soldats et nos citoyens et nous réagirons avec détermination et avec force contre quiconque tente d'agir contre nous, à n'importe quel moment et n'importe où, comme nous l'avons fait cette nuit", a prévenu M. Yaalon.

- 'Changement des règles du jeu' -

A l'instar de plusieurs analystes de sécurité israéliens, le général Amos Yadlin, ancien chef des renseignements militaires, estime que le régime syrien est de près ou de loin derrière l'attentat de mardi contre une jeep militaire israélienne.

"L'attaque d'hier était professionnelle, il ne fait aucun doute que les Syriens étaient au courant, et peut-être même qu'ils l'ont menée pour le compte du Hezbollah", a estimé M. Yadlin à la radio militaire.

"Cela change les règles du jeu, et lorsque l'autre partie (la Syrie) change les règles du jeu, Israël doit faire passer le message que le prix va être très élevé", a-t-il ajouté.

Bien que les deux pays soient officiellement en état de guerre, la frontière israélo-syrienne était considérée jusqu'à présent comme la frontière la plus calme depuis la fin de la guerre de Kippour en 1973.

Mais, selon l'analyste militaire du Yedioth Aharonot, "les Syriens et le Hezbollah veulent entraîner Israël dans une guerre d'usure à la frontière nord au moment et au rythme qu'ils imposent".

"Il y a un nombre croissant d'attaques dans la zone frontalière et nous devons nous y préparer", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Peter Lerner après l'attaque contre les parachutistes.

Il n'a cependant pas été mesure de dire si le Hezbollah était responsable de l'attentat de mardi.

Les quatre parachutistes israéliens ont été blessés par l'explosion d'une bombe au passage de leur jeep dans la partie du plateau du Golan occupée par Israël, près de la ligne de cessez-le-feu avec la Syrie.

L'artillerie israélienne avait rapidement riposté en visant des positions de l'armée syrienne et Israël avait informé la Force des Nations unies chargée de superviser le cessez-le-feu en place depuis 1974 sur les hauteurs du Golan (FNUOD) de la "gravité" de l'incident.

La situation sur les hauteurs du Golan est tendue depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011, mais les incidents sont restés jusqu'à présent relativement mineurs, se limitant à des tirs à l'arme légère ou au mortier auxquels l'armée israélienne a généralement répliqué.

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