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Gaz: l'aide de l'UE va tarder et l'Ukraine se prépare à des temps difficiles

19/03/2014 05:28 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

L'Ukraine va devoir payer ses achats de gaz au prix fort à compter du 1er avril et se trouve dans une situation difficile car l'Union européenne ne pourra rien lui fournir avant la fin de l'année, a expliqué mercredi le commissaire européen à l'Energie Gunther Oettinger.

L'Union européenne a prévu des systèmes permettant d'inverser les flux dans les gazoduc et un approvisionnement pourrait être fourni à l'Ukraine via la Slovaquie mais cela sera impossible dans l'immédiat, a prévenu le commissaire lors d'un point de presse avec le ministre ukrainien de l'Energie, Yuri Prodan, à l'issue d'une réunion à Bruxelles.

"Une réunion est prévue avec les autorités slovaques la semaine prochaine et un accord pourrait être signé à la fin du mois d'avril", a-t-il annoncé.

Il faudrait ensuite mettre en place l'inversion des flux, et le système pourrait être opérationnel "avant la fin de l'année", a-t-il estimé.

Les nouvelles autorités ukrainiennes s'attendent donc à des temps difficiles, car à compter du 1er avril, elles devront payer leurs achats de gaz au prix de 378 dollars les 1.000 M3, contre environ 270 dollars aujourd'hui. Gazprom a en effet décidé de mettre fin à la ristourne accordée à Kiev, a déploré M. Prodan. Et ce prix pourrait aller jusqu'à 500 dollars, selon le marché, a-t-il précisé.

Une rupture des approvisionnements est même possible car l'Ukraine n'a pas réglé tous ses achats et doit près de 2 milliards de dollars à Gazprom.

Gunther Oettinger, qui avait assuré début mars que l'Union européenne allait aider l'Ukraine a régler sa dette gazière, s'est gardé de renouveler cet engagement mercredi. En mars, le commissaire allemand s'était fait recadrer par le président de l'exécutif bruxellois, José Manuel Barroso, après sa promesse d'aide. "Il n'est pas question que l'UE règle les impayés dus à Gazprom", ont affirmé les services de M. Barroso.

L'Union européenne a prévu une assistance financière de 11 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine, mais le déblocage des fonds est conditionné à un accord avec le FMI.

Interrogé sur l'intention du gouvernement ukrainien d'utiliser ces financements pour régler la dette gazière, Yuri Prodan a opté pour la prudence. "Je ne peux pas parler de cela", a-t-il éludé.

L'Ukraine compte sur ses réserves. Yuri Prodan les a chiffrées à 8,2 milliards de m3. Mais elles seront "insuffisantes pour assurer l'approvisionnement de tous les foyers du pays", a-t-il indiqué.

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