POLITIQUE

États généraux sur la construction: la demande des syndicats n'intéresse pas les patrons

19/03/2014 03:26 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Les cinq organisations syndicales de la construction ont décidément fait chou blanc avec leur demande de tenir des états généraux sur l'industrie de la construction. Aucune des quatre associations patronales n'a accepté l'idée.

La Presse Canadienne a joint les quatre. Deux associations patronales ont carrément rejeté l'idée; une ne se sent pas concernée et l'autre est opposée au projet tel que soumis, mais ne s'opposerait pas au principe de tenir des états généraux sur certains sujets.

Les associations patronales ont même écrit une lettre conjointe à la chef péquiste Pauline Marois, au chef libéral Philippe Couillard et au chef caquiste François Legault pour leur indiquer qu'elles étaient opposées à la tenue de tels états généraux dans le contexte actuel.

Il y a deux semaines, la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (international), la CSD-Construction, la CSN-Construction et le Syndicat québécois de la construction avaient fait front commun pour revendiquer la tenue d'états généraux de l'industrie de la construction.

Les cinq voulaient y discuter de travail au noir, de productivité, d'organisation du travail, de planification des chantiers, de mobilité provinciale, entre autres.

L'Association de la construction du Québec (ACQ) avait déjà repoussé l'idée, le jour même où les cinq organisations syndicales l'avaient soumise publiquement.

Il importe de noter que l'ACQ s'affaire présentement à négocier les conventions collectives du secteur institutionnel, commercial et industriel avec les syndicats et que ces négociations s'avèrent difficiles.

Mercredi, c'était au tour de l'Association des entrepreneurs en construction du Québec de manifester son absence d'intérêt.

En entrevue, son directeur général, Pierre Dion, a dit croire que la demande syndicale ne serait qu'un «show de boucane» afin d'éviter de négocier les conventions collectives qu'il reste à négocier dans le secteur institutionnel, commercial et industriel. «Ils ne veulent pas discuter des demandes patronales», en conclut-il.

De plus, M. Dion estime que l'industrie de la construction est déjà scrutée sous toutes ses coutures actuellement et est l'objet de suffisamment d'intérêt médiatique.

De son côté, l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec s'est montrée moins catégorique.

En entrevue, sa directrice générale, Gisèle Bourque, a affirmé qu'elle n'est pas opposée d'emblée à la tenue d'états généraux sur l'industrie de la construction, mais qu'elle est opposée à la tenue de ceux qui ont été proposés par les cinq syndicats, parce qu'ils s'immisçaient dans le contenu de conventions collectives déjà négociées entre les parties.

«Il y a des sujets qu'il pourrait être intéressant de discuter ensemble. Nous, on est prêt à discuter de sujets, sauf s'ils sont déjà consacrés dans la convention collective. Les autres sujets, on serait ouvert à en discuter», a commenté Mme Bourque.

La quatrième association patronale, l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec, estime qu'elle n'est pas concernée par cette demande syndicale et la relie elle aussi à la négociation qui piétine dans le secteur institutionnel, commercial et industriel.

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