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Ecoutes judiciaires de Sarkozy : le scandale prend de l'ampleur

19/03/2014 10:51 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT
AP
ARCHIV: Frankreichs Praesident Nicolas Sarkozy kneift auf einer Wahlkampfveranstaltung in Sables d'Ollonne im Westen von Frankreich die Lippen zusammen (Foto vom 04.05.12). Franzoesische Ermittler haben nach Behoerdenangaben das Wohnhaus und das Buero des frueheren Praesidenten Nicolas Sarkozy durchsucht. Hintergrund sind Ermittlungen zum Vorwurf einer illegalen Finanzierung seines Wahlkampfs 2007. (zu dapd-Text) Foto: Michel Euler/AP/dapd

La diffusion de nouveaux extraits d'écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy, soupçonné de trafic d'influence, provoque un énorme scandale en France, le gouvernement évoquant des accusations d'une "extrême gravité" pesant sur l'ancien président.

La teneur de sept écoutes judiciaires de conversations téléphoniques de Nicolas Sarkozy avec son avocat Thierry Herzog a été publiée mardi soir par le site internet d'information Mediapart, à quelques jours du premier tour dimanche des élections municipales en France.

"L'extrême gravité des accusations et des soupçons qui pèsent sur l'ancien président de la République est telle que les commentaires maintenant doivent laisser la place à la vérité", a dit la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem.

Dans ces conversations, l'avocat de l'ancien président, battu en 2012 par le socialiste François Hollande, qualifie de "bâtards" les juges de Bordeaux (sud-ouest) qui avaient mis en examen M. Sarkozy dans le cadre de l'affaire d'abus de faiblesse dont aurait été victime la milliardaire Liliane Bettencourt.

Le Monde, qui avait dévoilé en premier l'affaire, titrait mercredi en première page "le contenu des écoutes accable Nicolas Sarkozy", qui paraît avoir été renseigné sur son cas par un magistrat haut placé.

Pour le quotidien de gauche Libération, ces écoutes "font désormais apparaître tous les éléments d'un scandale d'Etat que la droite elle-même ne pourra pas nier".

Une source judiciaire a confirmé à l'AFP la teneur des extraits publiés par Mediapart.

Ces extraits de conversations tenues sur la seconde ligne téléphonique de l'ancien président ouverte sous la fausse identité de "Paul Bismuth", entre le 28 janvier et le 11 février, tournent largement autour d'une décision attendue de la Cour de cassation concernant les agendas de M. Sarkozy, saisis dans le dossier Bettencourt dans lequel celui-ci a finalement bénéficié d'un non-lieu.

Depuis, la Cour de cassation, plus haute juridiction française, a indiqué qu'elle refusait de statuer sur le recours de M. Sarkozy, la justice pouvant ainsi continuer à utiliser ces agendas détaillant les rendez-vous de son propriétaire.

Les agendas de M. Sarkozy figurent dans la procédure sur l'arbitrage controversé dont a bénéficié en 2008 l'homme d'affaires Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas.

Ils sont également susceptibles d'intéresser les juges enquêtant sur des accusations de financement de la campagne présidentielle de M. Sarkozy en 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.

C'est précisément au cours d'écoutes dans le cadre de ce dossier qu'a été découverte l'existence d'un second téléphone que M. Sarkozy s'était procuré pour échapper à la surveillance des juges et parler librement avec son avocat. Une de leurs conversations a déjà donné lieu à l'ouverture d'une information judiciaire pour violation du secret de l'instruction et trafic d'influence.

- "Abasourdis" -

Comme l'avait révélé Le Monde, elle semble en effet indiquer qu'un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, renseignait le camp Sarkozy sur les tendances qui se dessinaient dans ce tribunal.

Ainsi, selon le résumé de Mediapart, Me Herzog se félicite le 29 janvier auprès de M. Sarkozy du dévouement de leur informateur, qui a bien "bossé". L'avocat se montre optimiste sur une annulation par la Cour de cassation de la saisie des agendas, "sauf si le droit finit par l'emporter", commente-t-il. "Un aveu stupéfiant", écrit Mediapart.

Le 1er février, Nicolas Sarkozy appelle son avocat en lui demandant de lui téléphoner sur sa ligne officielle cette fois, pour "donner l'impression d'avoir une conversation".

Dans une écoute du 5 février, toujours selon le site internet, Nicolas Sarkozy se dit prêt à aider Gilbert Azibert à obtenir un poste à Monaco. Son avocat confie avoir rassuré par avance "Gilbert" à ce sujet : "Tu rigoles, avec ce que tu fais...".

Le président de l'UMP (droite), le parti de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé a demandé de la "retenue", regrettant des "bouts de révélations" sur ces écoutes, "en pleine campagne" pour les élections municipales.

Les syndicats de magistrats se sont déclarés de leur côté "abasourdis" par les révélations.

Alourdissant encore le climat politique en France, l'un des journalistes du Monde ayant révélé les écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy a annoncé avoir porté plainte après avoir reçu des "menaces très violentes" contre lui et sa famille.

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