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Crimée: Offensive des milices pro-russes, capture du chef de la marine ukrainienne

19/03/2014 08:51 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Les forces pro-russes ont assailli au moins deux bases ukrainiennes en Crimée mercredi et revendiqué la capture du chef de la marine, tandis que les autorités séparatistes refusaient d'accueillir le ministre ukrainien de la Défense dépêché sur place par Kiev.

Depuis la veille, la péninsule ukrainienne est considérée par Moscou comme faisant partie de la Russie, après la signature par le président Vladimir Poutine d'un traité historique avec les autorités séparatistes.

Le Kremlin s'est attiré une rafale de condamnations à travers le monde, le président par intérim ukrainien Olexandre Tourtchinov comparant l'action de Moscou à celles de l'Allemagne nazie.

Le G7, dont les dirigeants sont convoqués lundi à la Haye, devraient discuter "de l'exclusion permanente de la Russie" des rangs du G8, a déclaré mercredi le Premier ministre britannique David Cameron.

Sur le terrain, les partisans de Moscou, secondés par les soldats russes, sont passés à l'offensive.

Ils ont indiqué s'être "emparé" mercredi du chef de la marine ukrainienne Serguiï Gaïdouk après avoir saisi le siège de la marine à Sébastopol.

"Il a été bloqué et il ne pouvait aller nulle part. Il a été forcé de quitter les lieux et on s'en est emparé", a déclaré à la presse Igor Eskine, représentant des forces russes sur place.

Une agence locale, Kryminform, reprise par plusieurs médias russes, a affirmé qu'il avait été conduit au siège du parquet "pour interrogatoire" sur l'ordre transmis de Kiev autorisant les soldats ukrainiens à utiliser leurs armes.

Des reporters de l'AFP ont vu les soldats ukrainiens quitter le bâtiment. Un des hommes avait des larmes aux yeux, tandis que le drapeau russe a remplacé le drapeau ukrainien qui flottait habituellement sur le quartier général.

Quelques heures plus tard on apprenait que les forces pro-russes avaient enfoncé avec un tracteur la porte de la base Sud de la marine ukrainienne à Novoozerne, dans l'ouest de la péninsule, et pris le contrôle de l'entrée.

Ensuite les "soldats russes" ont stoppé leur avance, a précisé Vladislav Seleznev sur sa page Facebook, ajoutant qu'ils se trouvaient face à des militaires ukrainiens armés.

A Kiev, le gouvernement a annoncé que le ministre de la Défense par intérim Igor Tenioukh et le premier vice-Premier ministre Vitali Iarema allaient se rendre en Crimée pour "mettre fin à l'escalade du conflit" sur la péninsule séparatiste.

Le Premier ministre de la Crimée Serguiï Axionov a immédiatement déclaré depuis Moscou que les ministres seraient empêchés d'entrer dans la péninsule.

Ce refus a été confirmé ensuite à Kiev, où cette question et la situation en Crimée devaient être examinées lors d'une réunion du Conseil de sécurité nationale et de défense, selon l'agence Interfax-Ukraine.

Si le Blitzkrieg institutionnel russe est pratiquement terminé avec l'approbation du rattachement par la Cour constitutionnelle et celle par les deux chambres du parlement russe ne faisant aucun doute, de nombreux problèmes pratiques restent à régler.

Le plus urgent est celui des bases militaires ukrainiennes.

- Recours aux armes -

Le gouvernement de Kiev a donné l'ordre à ses militaires de rester en Crimée.

La veille, une opération similaire contre une base ukrainienne avait fait deux morts - un militaire et un membre de "l'autodéfense" pro-russe -, et deux soldats blessés à Simféropol, selon la police locale.

Cet événement a poussé Kiev à autoriser officiellement ses soldats encore dans la péninsule à prendre les armes pour se défendre.

Après la signature solennelle du traité sur le rattachement de la Crimée à la Russie, la situation est de nouveau extrêmement tendue entre Moscou et l'Occident, à la veille d'un nouveau sommet européen jeudi et vendredi à Bruxelles.

- "Phase militaire" -

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a estimé que le conflit en Crimée passait "de la phase politique à une phase militaire".

Côté américain, le président Barack Obama a invité les dirigeants du G7 et de l'Union européenne à se réunir la semaine prochaine à La Haye pour débattre de la situation en Ukraine et le secrétaire d'Etat John Kerry a prévenu qu'une éventuelle incursion de la Russie dans l'est de l'Ukraine représenterait un acte "scandaleux".

Le vice-président américain Joe Biden poursuit de son coté mercredi à Vilnius sa tournée en Pologne et dans les pays baltes, destinée à rassurer ces pays alliés qui s'inquiètent de l'agressivité de Moscou.

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius a déclaré mardi que Paris pourrait suspendre la vente de deux navires polyvalents Mistral à Moscou, aux termes d'un contrat signé en 2011.

Le gouvernement ukrainien cherche aussi les moyens de riposter à la "nationalisation" des sociétés publiques ukrainiennes en Crimée, en premier lieu du groupe gazier Tchornomornaftogaz qui pourrait être repris par le groupe russe Gazprom. La méthode annoncée est la confiscation par voie de justice de biens russes, tant en Ukraine qu'à l'étranger.

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