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Crimée: Offensive des milices pro-russes, Kiev envoie deux ministres sur place

19/03/2014 06:27 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Au moment où les milices pro-russes passaient mercredi à l'offensive contre les militaires ukrainiens en Crimée, Kiev a annoncé que son ministre de la Défense se rendait en Crimée, rattachée de facto à la Russie.

Le ministre ukrainien de la Défense par intérim Igor Tenioukh et le premier vice-Premier ministre Vitali Iarema se rendent mercredi en Crimée pour "mettre fin à l'escalade du conflit" sur la péninsule séparatiste, a indiqué le gouvernement, sans préciser si ce déplacement faisait l'objet d'un accord avec Moscou ou avec les autorités séparatistes de la péninsule ukrainienne.

Le premier ministre de la Crimée Serguiï Axionov a immédiatement annoncé depuis Moscou que les ministres seraient empêchés d'entrer dans la péninsule.

Le président Vladimir Poutine a signé mardi avec les autorités séparatistes de la péninsule ukrainienne un traité historique rattachant la Crimée à la Russie, s'attirant immédiatement une rafale de fermes condamnations à travers le monde, le président par intérim ukrainien Olexandre Tourtchinov comparant l'action de Moscou à celles de l'Allemagne nazie.

Si le Blitzkrieg institutionnel russe est pratiquement terminé avec l'approbation du rattachement par la Cour constitutionnelle et celle par les deux chambres du parlement russe ne faisant aucun doute -, de nombreux problèmes pratiques restent à régler.

Le plus urgent est celui des bases militaires ukrainiennes, assiégées par les milices pro-russes, soupçonnées d'être en fait des forces russes déguisées.

Un important groupe de ces hommes sans insignes a envahi mercredi matin le siège de la marine ukrainienne à Sébastopol, a indiqué à l'AFP son porte-parole Serguiï Bogdanov.

"Ils sont environ 200, certains sont cagoulés. Ils ne sont pas armés et aucun coup de feu n'a été tiré de notre côté. Les officiers se sont barricadés à l'intérieur du bâtiment", a-t-il expliqué.

Quelques heures plus tard, des reporters de l'AFP ont vu les soldats ukrainiens quitter le bâtiment. Un des hommes avait des larmes aux yeux, tandis que le drapeau russe a remplacé le drapeau ukrainien qui flottait habituellement sur le quartier général.

- Recours aux armes -

Le gouvernement de Kiev a donné l'ordre à ses militaires de rester en Crimée.

La veille, une opération similaire a fait deux morts - un militaire et un membre de "l'autodéfense" pro-russe -, et deux soldats blessés à Simféropol, selon la police locale.

Cet événement a poussé Kiev à autoriser officiellement ses soldats encore dans la péninsule à prendre les armes pour se défendre.

Après la signature solennelle du traité sur le rattachement de la Crimée à la Russie, mardi à Moscou, la situation est de nouveau extrêmement tendue entre Moscou et l'Occident, à la veille d'un nouveau sommet européen jeudi et vendredi à Bruxelles.

- "Phase militaire" -

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a estimé que le conflit en Crimée passait "de la phase politique à une phase militaire".

Côté américain, le président Barack Obama a invité les dirigeants du G7 et de l'Union européenne à se réunir la semaine prochaine à La Haye pour débattre de la situation en Ukraine et le secrétaire d'Etat John Kerry a prévenu qu'une éventuelle incursion de la Russie dans l'est de l'Ukraine représenterait un acte "scandaleux".

Le vice-président américain Joe Biden poursuit de son coté mercredi à Vilnius sa tournée en Pologne et dans les pays baltes, destinée à rassurer ces pays alliés qui s'inquiètent de l'agressivité de Moscou.

Parallèlement, Bruxelles doit dévoiler mercredi les détails de son plan d'aide d'un milliard d'euros à Kiev.

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius a déclaré mardi que Paris pourrait suspendre la vente de deux navires polyvalents Mistral à Moscou, aux termes d'un contrat signé en 2011.

Il a toutefois indiqué que le président russe était toujours invité le 6 juin en France aux cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement des forces alliées.

Si, refusant de reconnaître ce qu'il a qualifié d'"annexion" de la Crimée, Kiev demande à ses troupes d'y rester, les responsables militaires semblent reconnaître qu'elles finiraient par rentrer en Ukraine. Ils ont annoncé mardi soir le déblocage de fonds pour leurs familles qui voudraient quitter la Crimée.

De son côté, le chef d'état-major ukrainien a appelé au téléphone son homologue russe pour lui proposer, après une série de protestations, de créer une commission conjointe pour éviter tout risque d'escalade sur le terrain.

Le gouvernement cherche aussi les moyens de riposter à la "nationalisation" des sociétés publiques ukrainiennes en Crimée, en premier lieu du groupe gazier Tchornomornaftogaz. La méthode annoncée est la confiscation par voie de justice de biens russes, tant en Ukraine qu'à l'étranger.

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