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Braconnage: Leakey demande l'intervention urgente du président kenyan

19/03/2014 01:12 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - Un des écologistes les plus en vue de la planète a demandé mercredi l'intervention urgente du président du Kenya pour protéger les éléphants et les rhinocéros du pays contre la vague de braconnage qui défèrle sur l'Afrique.

Richard Leakey a ajouté que l'agence gouvernementale qu'il a créée, le Kenya Wildlife Service, a été infiltrée par des gens puissants qui s'enrichissent grâce au braconnage. Les principaux braconniers kenyans sont connus, a-t-il dit, mais le gouvernement refuse d'agir. Il n'a pas cité de noms.

M. Leakey, dont la famille étudie les origines de l'espèce humaine depuis des décennies dans la région kenyane du Turkana, a demandé au président Uhuru Kenyatta de réformer en profondeur la direction du service de protection de la faune.

Le nombre officiel d'éléphants abattus annoncé par le Kenya Wildlife Service ne témoigne pas d'une crise, avec 302 bêtes tuées l'an dernier contre 384 en 2012, alors que la population totale est évaluée à 35 000 têtes. Trente éléphants ont été braconnés cette année, selon l'agence.

Mais M. Leakey et Paula Kahumbu, la scientifique principale du groupe Wildlife Direct, croient que le bilan est beaucoup plus lourd. Tous deux reprochent au Kenya Wildlife Service de sous-estimer gravement l'ampleur du problème.

Mme Kahumbu affirme que 500 éléphants sont braconnés chaque année dans le seul écosystème du Tsavo.

Le Kenya Wildlife Service dit que 13 rhinocéros ont été abattus cette année, comparativement à 59 l'an dernier. Des gardes ont tué un braconnier armé lundi dans le parc national du Lac Nakuru, qui est reconnu pour ses flamands roses.

La demande pour l'ivoire en Chine et pour les cornes de rhinocéros au Vietnam alimentent le braconnage en Afrique.

Une étude présentée mercredi par Wildlife Direct affirme que seulement 4 pour cent des personnes accusées de crimes contre la nature au Kenya ont été incarcérées entre 2008 et le milieu de 2013. Les documents de 70 pour cent des 743 cas présentés à la justice se seraient volatilisés.

L'agence policière internationale Interpol affirmait récemment que le port kenyan de Mombasa est le plus actif du monde en matière de trafic d'ivoire, mais Wildlife Direct n'a décelé aucune mise en accusation dans cette ville.

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