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Van Rompuy (UE) annule un déplacement à Moscou pour rencontrer Poutine (sources)

18/03/2014 02:32 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a annulé une visite qu'il devait effectuer mercredi à Moscou pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine sur la crise en Ukraine, a-t-on appris mardi de sources européennes.

"La mission a été annulée parce que les Russes l'ont rendue publique", selon une source, alors qu'elle devait rester confidentielle.

"L'UE a décidé de ne pas effectuer cette visite dans ces conditions", a expliqué la source, en soulignant que le but était "l'affirmation de notre refus de l'annexion" de la Crimée, mais aussi "des discussions sur la désescalade et la prévention de nouvelles initiatives déstabilisatrices".

"Le président Van Rompuy ne se rendra pas à Moscou demain. Il sera à Bruxelles pour préparer le sommet européen de jeudi et vendredi", a simplement assuré son entourage.

"Il était important que quelqu'un parle directement avec Poutine, et la personne la mieux placée était le président du Conseil", a estimé une autre source européenne.

"Il faut créer un cadre de dialogue, et là, Herman Van Rompuy est en première ligne", avait indiqué un peu plus tôt une source diplomatique. "On peut toujours allonger la liste" des personnalités sanctionnées par l'UE, "mais la question qui se pose est: que faire après?", avait-t-elle ajouté.

"Nous devons marquer notre détermination mais aussi maintenir ouvert un canal de dialogue", avait assuré une autre source, en estimant que "pour le moment, ce sont surtout les Etats-Unis qui discutent avec la Russie". "Il faut trouver le plus vite possible une solution empêchant le retour à la guerre froide", avait-elle ajouté.

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait résumé le sentiment des Européens en expliquant qu'il fallait "faire preuve de beaucoup de fermeté et en même temps trouver les voies du dialogue et ne pas aller vers l'escalade".

Dans l'après-midi, l'UE a assuré qu'elle "ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas l'annexion de la Crimée et de Sébastopol par la Fédération de Russie". Dans un communiqué commun, M. Van Rompuy et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont promis que les Européens apporteraient "une réponse dans l'unité".

Lundi, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé d'imposer des sanctions -restrictions de visas et gels d'avoirs- à 21 responsables russes et ukrainiens. Ces sanctions marquent l'application de la deuxième étape de la "réponse graduée" sur laquelle s'étaient entendus les dirigeants européens le 6 mars en l'absence de "désescalade" en Ukraine.

D'autres noms pourraient être ajoutés à cette première liste dès le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement jeudi et vendredi.

Les dirigeants de l'UE pourraient aussi examiner la possibilité de passer à une troisième étape, qui se traduirait par des sanctions d'ordre économique. Mais ils sont divisés sur cette question entre partisans d'une ligne dure, comme la Lituanie, ancienne république soviétique voisine de la Russie, et de nombreux autres pays sensibles aux importantes relations économiques entre l'UE et la Russie, a souligné mardi une source européenne.

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