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Soudan du Sud: l'ONU dénonce une campagne contre sa mission

18/03/2014 05:29 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Un haut responsable de l'ONU a demandé mardi au Conseil de sécurité d'intervenir auprès du président sud-soudanais Salva Kiir pour qu'il fasse cesser une campagne "systématique et organisée" contre la mission de l'ONU dans le pays (Minuss).

"Nous espérons que la situation va changer rapidement car il n'est pas possible ni acceptable de continuer ainsi", a déclaré le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous lors d'un débat sur le Soudan du Sud.

"Je demande instamment au Conseil de sécurité et à ses membres d'intervenir en faveur de la Minuss, de condamner cette campagne et de demander au président Kiir (...) de donner instructions aux autorités nationales et locales et aux cadres du SPLM (parti au pouvoir) de la faire cesser", a-t-il ajouté.

L'ambassadeur sud-soudanais Francis Deng a répondu en affirmant que Salva Kiir "était très reconnaissant du rôle joué par l'ONU dans le pays". Il a attribué les manifestations anti-Minuss au "traumatisme, aux frustrations et à la colère" provoqués par le conflit. Le Soudan du Sud "n'a rien à gagner et tout à perdre à s'aliéner l'ONU", a-t-il ajouté.

A l'issue de la réunion, l'ambassadrice luxembourgeoise Sylvie Lucas, qui préside le Conseil en mars, a indiqué que les pays membres avaient "jugé inacceptable le harcèlement du personnel de l'ONU" et qu'ils souhaitaient "envoyer un message ferme à ce propos".

"Il y a une campagne négative contre la Minuss et ses dirigeants au Soudan du sud, qui semble systématique et organisée" de la part de responsables nationaux et locaux, a encore affirmé M. Ladsous.

Cette campagne est illustrée par "des manifestations, articles de presse et le harcèlement du personnel de l'ONU, y compris au point de mettre la vie de ce personnel en danger". Les avions de l'ONU sont fouillés, ses convois stoppés et son personnel harcelé par les forces de sécurité sud-soudanaises dans tout le pays, a-t-il énuméré.

"Dans ces conditions, a-t-il conclu, il nous faudra envisager de réduire encore notre personnel et de limiter nos activités au strict minimum" nécessaire pour remplir le mandat de la Minuss (protection des civils, droits de l'homme, soutien à l'aide humanitaire).

Evoquant l'interception récente par l'armée sud-soudanaise d'armes appartenant à la Minuss, M. Ladsous a indiqué que l'ONU avait proposé au gouvernement de Juba une "enquête commune pour prouver sa bonne foi" dans cet incident. "Malheureusement, cette proposition a été refusée".

Cet incident, une "regrettable erreur" avait reconnu l'ONU, avait encore exacerbé des tensions chroniques entre la Minuss et Juba depuis le début du conflit, l'ONU se montrant très critique envers les rebelles sud-soudanais mais aussi contre le gouvernement.

En janvier, Salva Kiir avait accusé l'ONU de vouloir monter un "gouvernement parallèle" dans le pays.

La Minuss avait de son côté affirmé faire l'objet de pressions croissantes de la part des deux camps, parce qu'elle héberge des dizaines de milliers de civils dans ses bases.

Le Soudan du Sud est ravagé depuis le 15 décembre par un conflit opposant des forces loyales au président Salva Kiir à d'autres fidèles à son ancien vice-président Riek Machar. Les affrontements ont fait des milliers de morts et quelque 900.000 déplacés.

avz/bdx

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