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Sort des ouvriers au Qatar: la Fifa prend conscience, selon un syndicat

18/03/2014 02:57 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Un des syndicats internationaux dénonçant le sort des travailleurs émigrés au Qatar s'est félicité mardi de voir que la Fifa commençait à reconnaître une part de responsabilité pour avoir confié à l'émirat le Mondial-2022 de football.

"C'est la première fois que je vois la Fifa prendre conscience d'une certaine responsabilité", a raconté à l'AFP Pierre Cuppens, le vice-président de l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) après avoir été reçu avec d'autres membres au siège de la Fédération internationale de football à Zurich.

Alors que les dénonciations se sont multipliées depuis septembre, "c'était une partie de ping-pong" selon lui au départ entre l'Etat du Qatar qui renvoyait la balle sur les entreprises étrangères menant les chantiers, ces entreprises qui renvoyaient sur l'Etat du Qatar et la Fifa qui disait qu'elle ne s'occupait que du sport.

Mais désormais, "l'état qatari se rend compte qu'on ne peut pas faire mourir des travailleurs tous les jours pour organiser une Coupe du monde, les entreprises que ce n'est pas bon pour leur image de passer pour des négriers, et la Fifa qu'il y a des dommages qui peuvent être graves pour les êtres humains et qu'il n'y aurait pas une telle souffrance" sans le choix qu'elle a fait pour la Coupe du monde 2022.

"Il y a des morts, le secteur de la construction est déjà le plus dangereux en soi. Mais vu le gigantisme des travaux mis en oeuvre, la multiplication des sous-traitants, plus la chaleur, plus les conditions de travail, on arrive à plusieurs morts par jour", a fait valoir le représentant syndical belge, évoquant des "conditions proches de l'esclavagisme" et "plusieurs cercueils qui repartent à Katmandou".

Le syndicat attend de voir maintenant ce qui va ressortir du comité exécutif de la Fifa jeudi et vendredi, auquel l'Allemand Theo Zwanziger doit livrer les conclusions des discussions sur cette question qu'il a eues ces derniers mois avec des organisations de défense des droits humains, syndicats et le Parlement européen.

"Je pense que nous sommes tous d'accord sur le fait que la situation des travailleurs immigrés est une question complexe, et que nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les choses changent du jour au lendemain", a déclaré Theo Zwanziger, cité dans un communiqué de la Fifa.

"Mais nous avons besoin de travailler ensemble à l'élaboration d'une approche intense afin de soutenir le travail actuellement réalisé par les autorités compétentes au Qatar", a avancé l'Allemand, membre lui-même du comité exécutif.

Le Qatar a nié à maintes reprises qu'il y ait eu des morts sur les chantiers du Mondial.

stp/jde

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