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Quatre policiers égyptiens condamnés pour la mort de 37 détenus

18/03/2014 04:23 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Un tribunal égyptien a condamné quatre policiers, mardi, en lien avec le décès de 37 détenus, en majorité des partisans de l'ancien président islamiste Mohammed Morsi, qui sont morts asphyxiés dans un camion de police où ils sont restés entassés pendant des heures avant que des policiers ne lancent des gaz lacrymogènes.

Il s'agit du premier procès et du premier verdict de culpabilité visant des policiers impliqués dans la répression des partisans de l'ancien président Morsi, destitué en juillet. Mais le verdict a été dénoncé par les avocats et les proches des victimes, qui estiment que les policiers auraient dû être jugés pour meurtre et non pour homicide involontaire.

L'un des policiers a été condamné à 10 ans de prison, tandis que les trois autres ont été condamnés à un an avec sursis.

Mohammed Abdel-Maaboud, l'un des huit détenus ayant survécu à l'incident du 18 août dans le camion de police, a jugé que les accusés avaient été indirectement acquittés.

Les 45 détenus, arrêtés lors d'une rafle menée par les forces de l'ordre durant une manifestation, sont restés menottés les uns aux autres pendant des heures dans le camion conçu pour contenir 24 personnes, jusqu'à ce que la police tire des gaz lacrymogènes en direction du véhicule, selon une déclaration sous serment faire par un expert durant le procès.

M. Abdel-Maaboud a raconté avoir vu des détenus mourir à petit feu pendant près de neuf heures dans la chaleur suffocante de l'été. Les gardes à l'extérieur se sont moqués d'eux quand ils ont réclamé de l'eau, a-t-il dit.

Après l'incident, la police avait déclaré avoir tiré des gaz lacrymogènes parce que les détenus avaient attaqué un garde dans une tentative de s'échapper. Mais Osama el-Mahdi, avocat de certaines des victimes, a indiqué que cet argument n'avait pas été présenté lors du procès.

L'incident s'est produit quelques jours après que les forces de sécurité eurent démantelé deux camps de manifestants pro-Morsi au Caire, un assaut qui a fait des centaines de morts. Les partisans islamistes ont continué de manifester pendant des mois et des centaines d'entre eux ont été tués dans les violences qui ont suivi.

Aucune accusation n'a été portée en lien avec le démantèlement des camps ou les décès subséquents.

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