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Les Etats-Unis, en phase aiguë de "Folie de Mars" du basket

18/03/2014 01:45 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

La fièvre du Super Bowl à peine retombée, une bonne partie des Etats-Unis entre en phase aiguë de "Folie de Mars", le tournoi annuel de basket universitaire riche en jeux d'argent, surprises sportives et peut-être même en arrêts maladie.

C'est quasi officiel: entre 10 et 15 millions d'Américains devraient passer une bonne partie des trois prochaines semaines devant leur poste de télévision, au bureau ou à la maison, de jour comme en soirée, si l'on en croit les précédents chiffres d'audience.

Car démarre le tournoi annuel de la NCAA (National Collegiate Athletic Association), le championnat de basket universitaire qui met aux prises, à partir de jeudi, 68 équipes universitaires et dont le vainqueur final sera couronné le 7 avril.

D'un point de vue purement sportif, le tournoi permet de repérer les meilleurs joueurs, encore amateurs, qui intègreront la ligue professionnelle de la NBA.

C'est aussi un moment où on peut voir une petite équipe gagner contre une grande, "une sorte de David contre Goliath", dit à l'AFP John d'Argenio, directeur des sports du Siena College, qui n'est pas en compétition cette année.

Et puis, "tout le monde joue au basket aux Etats-Unis, aussi bien tout seul à marquer des paniers que dans des compétitions dans les gymnases locaux", ajoute Jerry Lewis, professeur de sociologie du sport émérite de la Kent State University.

Mais la "Folie de Mars" ("March Madness"), comme on surnomme le tournoi, est presque ailleurs: l'Amérique, spécialiste ou non de basket, est entrée en période de "bracketologie", en l'occurrence la prédiction de ce que sera le tableau des matchs -- le "bracket" -- et ses vainqueurs.

Des dizaines de millions de personnes devraient remplir avant jeudi leur tableau, en suivant ou non les recommandations de la myriade de sites internet, applications et autres spécialistes qui voient gagner les Spartans du Michigan, ou les Gators de Floride, entre autres.

Les "paris s'organisent, en famille ou entre amis", dit à l'AFP Michael Malec, professeur de sociologie du sport au Boston College, les télévisions en organisent aussi mais il est presque devenu de tradition pour 50 millions de personnes, selon une estimation, de jouer au bureau.

Le FBI estime que 2,5 milliards de dollars sont ainsi joués chaque année illégalement pour ce tournoi. A titre de comparaison, les paris sportifs légaux à Las Vegas se montent à 80 ou 90 millions de dollars.

- Un milliard de dollars de prix -

Warren Buffett "a rajouté cette année à l'effervescence", ajoute le sociologue. Le milliardaire vient d'offrir un milliard de dollars -- 500 millions après impôts -- à qui trouverait le tableau parfait.

Le milliardaire prend peu de risques. Les chances de gagner sont estimées à une sur neuf trillions, soit le chiffre neuf suivi de 18 zéros.

En revanche, la société de consultants Challenger, Gray & Christmas a calculé que l'heure de travail dédiée à jouer avec ses collègues allait coûter 1,22 milliard en productivité.

Regarder les matchs en streaming sur son ordinateur de bureau ou son smartphone coûterait 660 millions, selon cette société de conseil en recrutement qui conseille pourtant aux patrons de se prêter au jeu, "pour la "cohésion des équipes".

Le président Barack Obama a même profité de cette "folie" collective pour publier lundi son propre +bracket+, en fait le tableau des bonnes raisons d'adhérer à sa réforme de santé, très contestée.

Mais comme l'an dernier, il publiera avant jeudi ses pronostics de finales.

La folie "March Madness" a coûté à CBS et Time Warner la coquette somme de 10,8 milliards de dollars pour retransmettre les matchs jusqu'en 2024. Mais elle rapporte aussi, en enregistrant les espaces publicitaires les plus chers après ceux du Super Bowl.

Et l'on ne compte plus le nombre de T-shirts, soldes de vêtements ou parodies de +bracket+ qui se réclament tous de la "March Madness".

CNN rapportait même cette semaine, comme d'autres organes de presse chaque année, que des cliniques voyaient le nombre de vasectomies -- une méthode de stérilisation masculine -- augmenter spectaculairement en mars.

Certains profiteraient ainsi des congés maladies devant la télévision, une affirmation sur laquelle se refusait à se prononcer lundi l'association américaine des urologues.

ff/sam

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