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Le Parti libéral réaliserait un surplus budgétaire dès 2015-2016

18/03/2014 09:58 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

BÉCANCOUR, Qc - Le retour à l'équilibre budgétaire passe par un dégraissage de l'appareil de l'État, selon le Parti libéral du Québec (PLQ), qui imposera des compressions estimées à 1,3 milliard $ sur deux ans s'il est porté au pouvoir le 7 avril prochain.

Entouré de son trio économique (les candidats Carlos Leitao, Jacques Daoust et Martin Coiteux), mardi, à Bécancour, le chef Philippe Couillard a ainsi promis l'atteinte du déficit zéro dès l'an prochain — une cible identique à celle du Parti québécois (PQ).

Après avoir ouvert la porte à un retour de l'équilibre budgétaire plus tard que prévu l'automne dernier, le chef du PLQ estime maintenant que cet objectif est incontournable.

«L'heure n'est plus aux mesures cosmétiques et à la marge, a-t-il dit. Il faut prendre des mesures significatives, en tout respect des contribuables et de leur capacité de payer.»

M. Couillard estime néanmoins qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle réingénierie de l'État, qui avait été proposée par son prédécesseur Jean Charest au début des années 2000. «C'est réduire pour investir», s'est contenté de dire le chef du PLQ.

Les libéraux prévoient dégager un surplus de 110 millions $ dès l'an prochain, une somme qui sera répartie également entre la réduction du fardeau fiscal ainsi que du poids de la dette de la province.

L'équipe libérale estime que la croissance des revenus autonomes de l'État serait de 4,8 pour cent dès cette année, comparativement à la cible de 4,6 pour cent qui se trouvait dans le budget Marceau et qui avait été jugée «optimiste».

M. Couillard croit être en mesure d'atteindre cette cible grâce à la dose de confiance qu'un gouvernement dirigé par le PLQ sera en mesure d'insuffler aux investisseurs. Cela devrait se traduire par une croissance économique de 2,1 pour cent, par rapport à l'estimation péquiste de 1,9 pour cent.

«Là nous avons un gouvernement qui ne sait pas générer de la croissance économique, a dit le chef libéral. J'ai rencontré plusieurs entrepreneurs "assis sur leurs mains", qui ont de l'argent à investir et qui disent non.»

La croissance des dépenses dans la santé et l'éducation serait respectivement de 4 et 3,5 pour cent, alors que la moyenne des dépenses de l'État sera maintenue sous la barre des 3 pour cent pour les cinq ans du cadre financier, contrairement à une moyenne de 2 pour cent pour le PQ.

«Ça ne va pas marcher (la cible péquiste), prévient le chef libéral. Ça va créer tellement de discorde que nous allons être forcés de reculer.»

M. Couillard a mis cartes sur table: il est prêt à effectuer des compressions plus importantes afin de s'assurer de l'atteinte de ses objectifs. «S'il faut plus d'efforts de rationalisation, on va les faire, a-t-il dit. S'il faut aller plus loin, on va le faire aussi.»

Il a tenté de se montrer rassurant en affirmant qu'il n'y aura pas de licenciements massifs au sein de l'appareil gouvernemental puisque les réductions de postes se feront par attrition. Ainsi, la moitié des fonctionnaires qui quitteront pour la retraite ne seront pas remplacés.

Le resserrement des dépenses publiques se fera grâce à l'instauration d'un «cran d'arrêt» stipulant que «toute nouvelle initiative de dépense non prévue dans (le) cadre financier devra nécessairement être financée par des économies dans les dépenses des autres programmes».

Le chef libéral promet également l'abolition de la taxe santé — une mesure qui avait été introduite sous le règne de son prédécesseur Jean Charest — en quatre ans à compter de 2016-2017.

Les familles n'échapperont toutefois pas à la hausse des tarifs des services de garde, qui seront indexés à compter de 2015. Un gouvernement libéral n'appliquerait cependant pas la hausse de 2 $ par jour qui figurait dans le dernier budget Marceau.

Le cadre financier du PLQ sera également adapté aux recommandations du vérificateur général si le parti devait être porté au pouvoir le 7 avril prochain, a assuré M. Couillard.

La promesse libérale de rétablir les crédits du Plan québécois d'infrastructures, qui représente une dépense de 15 milliards $, sera compensée par un ajustement à la hausse du service de la dette.

«L'augmentation de la dette s'accompagnera par une hausse des versements dans le Fonds des générations», a dit M. Couillard, ajoutant qu'il s'agissait d'une «bonne dette» qui stimulera l'activité économique.

M. Couillard a par ailleurs refusé de commenter le dernier coup de sonde CROP-La Presse qui place le Parti libéral devant le Parti québécois en ce qui a trait aux intentions de vote. Il s'est contenté de dire que l'intensité de son équipe allait demeurer la même d'ici la fin de la campagne électorale.

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