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Le Nigeria dit vouloir utiliser "la carotte et le bâton" contre Boko Haram

18/03/2014 10:55 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Le conseiller nigérian à la sécurité nationale a annoncé mardi que les autorités allaient mettre en place une "méthode douce" pour mettre fin aux violences perpétrées par le groupe islamiste Boko Haram dans le nord-est.

L'armée nigériane va continuer à combattre les extrémistes accusés d'avoir tué des milliers de personnes depuis 2009, mais le gouvernement est désormais prêt à mettre en place "la technique de la carotte et du bâton", a déclaré Sambo Dasuki.

Cette nouvelle stratégie a pour but d'impliquer les communautés locales dans la lutte contre les islamistes.

"Nous pensons pouvoir gagner la guerre contre le terrorisme en mobilisant les familles sur nos valeurs culturelles, religieuses et nationales", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse.

Les experts et les diplomates occidentaux répètent constamment que le Nigeria ne pourra pas venir à bout de Boko Haram seulement par la force, et qu'il est essentiel de développer économiquement le nord du pays, très pauvre, pour mettre fin aux violences.

Le Nigeria est le premier producteur de pétrole d'Afrique mais plus de la moitié de sa population continue à vivre avec moins de deux dollars par jour.

Boko Haram, qui revendique la création d'un Etat islamique dans le nord du Nigeria, a mené de très nombreuses attaques dans le nord du pays, majoritairement musulman, depuis quatre ans.

Plus récemment, les violences se sont concentrées dans le nord-est, fief historique de l'insurrection.

Cette région --tout comme Boko Haram-- est dominée par l'ethnie kanouri, et les experts pensent depuis longtemps qu'il faut impliquer les chefs locaux kanouri dans la lutte contre les islamistes.

Le reste du nord est majoritairement peuplé de Haoussa.

Plus de 700 personnes ont déjà été tués au cours de 40 attaques en 2014, dans le Nord-Est, selon Human Rights Watch.

L'armée, qui mène une offensive de grande envergure contre Boko Haram dans cette région, a commencé l'année dernière à travailler plus étroitement avec les Kanouri, en formant notamment des jeunes réunis au sein de milices d'auto-défense contre les islamistes.

Ces milices ont aidé l'armée et lui ont fourni des renseignements, mais les violences n'ont pas cessé pour autant.

En plus des nombreuses attaques perpétrées contre des civils, deux bases militaires importantes ont été prises pour cible récemment.

M. Dasuki a insisté sur le fait qu'il fallait "communiquer de façon stratégique" avec les communautés locales pour lutter efficacement contre l'idéologie islamiste dans le nord-est.

Pour l'instant, "malheureusement les groupes terroristes communiquent plus clairement sur leurs idées que le gouvernement", a-t-il regretté.

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