NOUVELLES

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, démissionne de son poste

18/03/2014 04:12 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Le ministre des Finances Jim Flaherty a annoncé mardi qu'il démissionnait de son poste et avait l'intention de retourner travailler dans le secteur privé.

M. Flaherty, qui occupait le poste de ministre des Finances depuis 2006, a indiqué avoir pris sa décision plus tôt cette année, en compagnie de sa famille.

Le premier ministre Stephen Harper a indiqué avoir accepté à regret la démission de M. Flaherty et que l'identité de son successeur devrait être annoncée mercredi.

Même s'il reconnaît avoir eu des problèmes de santé au cours de la dernière année, M. Flaherty a dit être en voie de connaître un rétablissement complet. En outre, il assure que sa maladie n'a joué aucun rôle dans sa décision de démissionner.

M. Flaherty, qui a déposé son dernier budget le mois dernier, n'a pas élaboré sur ses futures occupations dans le secteur privé.

«Alors que j'amorce un nouveau chapitre de ma vie, je quitte avec le sentiment du devoir accompli par le gouvernement et le pays durant l'une des périodes les plus exigeantes de l'histoire de notre pays», a-t-il exprimé par communiqué.

Un responsable au bureau du premier ministre a affirmé que M. Flaherty conservera — dans l'immédiat à tout le moins — son siège à la Chambre des communes, signifiant qu'il demeure député.

M. Flaherty est l'un des ministres des Finances ayant compté la plus grande longévité.

Il a tenu les rênes dans le contexte de l'une des pires crises économiques du pays en 2008-2009, cumulant des déficits importants avant de déposer à toutes fins pratiques un budget équilibré, le 11 février dernier.

Les conjectures sur l'avenir de M. Flaherty se multipliaient ces dernières années après qu'il eut reconnu souffrir d'une maladie cutanée rare. Ses médicaments semblaient lui causer de la fatigue et lui faire prendre du poids.

Son long message d'adieu aux Canadiens, livré de manière inattendue sur un site gouvernemental, énumérait des accomplissements tels qu'un refroidissement du marché immobilier et la mise en vigueur du compte d’épargne libre d’impôt (CELI).

Il a aussi mentionné ses politiques pour aider les Canadiens handicapés. «Notre gouvernement a travaillé fort pour s'assurer que notre pays puisse bénéficier du talent et des aptitudes des Canadiens avec des handicaps», a-t-il affirmé.

M. Harper, qui fait souvent valoir la gestion de l'économie par son gouvernement, s'est désolé de la perte de son homme de confiance.

«C’est avec un grand regret que j’ai accepté aujourd’hui (mardi) la démission de Jim Flaherty, le ministre des Finances, qui quitte le cabinet afin de retourner dans le secteur privé», a dit le premier ministre par communiqué.

«Au cours d’une carrière politique de près de vingt ans, le ministre Flaherty a incarné les meilleures qualités de ceux qui choisissent la vie publique: un véritable engagement envers le service et une volonté sincère de laisser le pays dans une position meilleure qu’à son entrée en politique», a-t-il ajouté.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a reconnu la ténacité de M. Flaherty dans une déclaration le remerciant pour ses années de service.

«Au cours de la dernière année, M. Flaherty a occupé l’un des emplois les plus exigeants au Canada alors qu’il était aux prises avec de sérieux problèmes de santé. C'est avec humour et un sens du devoir hors du commun qu'il a su remplir son mandat à titre de ministre des Finances du Canada», a-t-il évoqué.

«Malgré nos nombreux différends concernant la gestion de l’économie du Canada, j’ai toujours eu beaucoup de respect pour M. Flaherty et pour son dévouement envers notre pays», a aussi affirmé M. Mulcair.

Le fardeau fiscal

M. Flaherty est né à Lachine, le 30 décembre, 1949. Diplômé en droit de l'Université York, il a exercé le métier pendant plus de 20 ans avant de faire le saut en politique.

Il fut cofondateur de la firme Flaherty Dow Elliott avant de tenter sa chance — en vain — sur la scène provinciale ontarienne en 1990 dans la circonscription de Durham.

Il se reprendra avec succès en 1995, dans Whitby-Ajax, et fera son entrée deux ans plus tard dans le cabinet de Mike Harris à titre de ministre du Travail. Il occupera aussi sur la scène provinciale les rôles de ministre des Finances, procureur général et vice-premier ministre.

En 2006, après deux vaines tentatives pour prendre les rênes du Parti conservateur en Ontario, M. Flaherty a fait le saut en politique fédérale, vainqueur dans Whitby-Oshawa lors des élections ayant accordé un premier gouvernement minoritaire aux conservateurs de Stephen Harper.

À titre de ministre des Finances, M. Flaherty s'est rapidement attardé à la réduction du fardeau fiscal. Il a commencé en 2006 en coupant la taxe sur les produits et services (TPS) d'un point de pourcentage, à six pour cent. Il a sabré un autre point de pourcentage en 2008.

En 2006, il a aussi annoncé des changements aux règles fiscales sur les fiducies de revenus ayant suscité de vives oppositions et ayant amené à des audiences spéciales du comité des finances aux Communes.

M. Flaherty aura continué à trouver des moyens pour réduire les taxes et impôts des Canadiens, déposant notamment le Régime enregistré d'épargne-invalidité (REEI), un projet qui lui tenait à coeur. L'un des trois fils de M. Flaherty souffre d'une déficience intellectuelle.

PLUS:pc