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Le fragment d'une fresque de la maison de Neptune dérobé à Pompéi

18/03/2014 08:25 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Le portrait d'une divinité gréco-romaine, extrait d'une ancienne fresque de Pompéi, a été dérobé, a révélé mardi la Surintendance archéologique du site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

C'est dans une zone fermée au public, dans la Maison de Neptune, que l'acte de vandalisme a été commis.

Le fragment de 20 cm de diamètre, sur lequel figure la déesse Artémis, a été dissocié de l'ensemble auquel il appartenait à l'aide d'un objet métallique, a précisé la Surintendance dans un communiqué.

Ce mode opératoire a fortement endommagé la fresque aux tons rosés qui ornait un des murs d'une petite salle de l'antique demeure. Apollon qui faisait face à Artémis regarde désormais un trou blanc.

Le vol a été découvert le mercredi 12 mars par un gardien lors d'une ronde mais tenu secret à la demande des enquêteurs.

Ceux-ci se demandent comment un tel pillage a pu être effectué sur un site si contrôlé, bien que la zone en question ne soit pas couverte par la télésurveillance.

Ils analysent les activités des gardiens et les images prises par les caméras disposées sur le site.

Umberto Pappalardo, professeur à Naples, expert en archéologie, a écarté l'idée que les auteurs soient des voleurs d'arts désireux d'écouler la déesse sur le marché international. C'est plutôt le fait de petits délinquants, a-t-il expliqué à l'AFP.

"La vente de ce fragment, issu d'un site aussi bien documenté, apparaît très difficile", a poursuivi l'expert.

Le nouveau surintendant du site, Massimo Osanna, a assuré que "tout est mis en oeuvre" pour retrouver la peinture et a profité de la situation pour rappeler que le renforcement de la sécurité de Pompéi était une de ses principales priorités.

- Nombreux incidents à Pompéi -

Cette découverte a suscité l'indignation en Italie, le journal Messaggero parlant en Une de "honte pour le pays".

Selon Andrea Marcucci (PD, gauche), président de la commission Culture du Sénat, "Pompéi meurt à cause des retards, de la négligence et de la bureaucratie."

Ce vol a suscité l'émoi au-delà des frontières italiennes. La commissaire européenne à la Culture, Androulla Vassiliou, s'est déclarée "vraiment attristée", précisant à l'agence italienne Ansa que les voleurs s'étaient emparés d'"un patrimoine inestimable qui appartient à tous, aux Italiens, Européens, ainsi qu'aux générations futures."

Depuis trois ans, Pompéi a été le théâtre de nombreux incidents comme la chute d'un pilier d'une pergola de la maison de Loreius Tiburtinus en décembre 2011, précédée par de spectaculaires effondrements de pans de murs dans la Maison des Gladiateurs et celle du Moraliste.

En septembre 2012, c'est une poutre de soutien du toit en tuiles qui avait cédé dans la fameuse Villa des Mystères.

Le Temple de Vénus et un pan de mur de la nécropole ont également été endommagées au début du mois après de fortes pluies, poussant l'Union européenne à exhorter l'Italie à "prendre soin de Pompéi, lieu emblématique pour l'Europe mais aussi pour le monde".

En réponse, l'Italie a déclaré qu'elle débloquait immédiatement deux millions d'euros pour l'entretien du site.

Matteo Renzi Premier ministre a également fait appel à des investisseurs privés pour aider à restaurer les ruines.

L'an dernier, un ambitieux plan de restauration a été entamé pour un coût de 105 millions d'euros, financé par l'UE à hauteur de 41,8 millions d'euros.

Mais selon le quotidien Corriere della Sera, seuls 588.000 euros ont été dépensés à ce jour, soit 0,56% des fonds disponibles.

Pompéi, ensevelie sous les cendres par l'éruption du Vésuve le 24 août 79, constitue malgré tout l'ensemble le mieux conservé d'une ville de l'époque romaine.

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