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Le fondateur d'Alimentation Couche-Tard, Alain Bouchard, quitte la direction

18/03/2014 09:49 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le fondateur d'Alimentation Couche-Tard (TSX:ATD.B), qui a transformé une petite entreprise québécoise en une des plus grandes chaînes de dépanneurs nord-américaines, a annoncé son départ de l'entreprise, dont il confiera les rênes à un autre membre de la haute direction.

Alain Bouchard abandonnera en septembre son poste de président et chef de la direction, mais restera actif au sein de l'entreprise à titre de président exécutif du conseil d'administration.

La société établie à Laval exploite les dépanneurs Couche-Tard et Mac's au Canada, mais la plus grande partie de ses revenus provient des États-Unis. Elle a aussi pris de l'expansion dans le nord de l'Europe.

«Je vois ce changement comme une évolution, a déclaré M. Bouchard lors d'une conférence téléphonique. Cela me permettra d'investir plus de temps dans les acquisitions et les nouvelles occasions d'affaires de notre industrie, et croyez-moi, il y en a beaucoup», a-t-il ajouté.

L'entrepreneur de 65 ans, qui s'est retrouvé l'an dernier sur le classement des milliardaires de Forbes, a indiqué que son nouveau rôle lui permettrait aussi de collaborer aux discussions stratégiques et d'agir à titre de mentor et coach auprès de la prochaine génération de dirigeants de Couche-Tard, notamment sa fille, qui s'est jointe l'an dernier à la société à titre de trésorière.

Alain Bouchard sera remplacé par l'actuel chef des opérations de Couche-Tard, Brian Hannasch. L'Américain de 47 ans s'est joint à Couche-Tard en 2001, lors des premiers pas de l'entreprise sur le marché américain, à l'occasion du rachat de la chaîne Bigfoot, dans le Midwest. Il est le chef des opérations de toute l'entreprise depuis 2010.

Certains actionnaires ont signalé leur inquiétude lors de la dernière assemblée annuelle quant au fait que les présentations et les périodes de questions n'avaient lieu que dans la langue de Shakespeare. M. Hannasch, un anglophone, a dit espérer que la société pourrait «passer outre» ces objections et qu'il tentait d'apprendre le français.

M. Bouchard a quant à lui minimiser la question de la langue, faisant remarquer que l'anglais était la langue de travail à l'extérieur du Québec. «Nous avons choisi le meilleur candidat pour diriger un société présente dans 21 pays.»

M. Hannasch a acheté une résidence à Montréal et prévoit y déménager.

Les changements entreront en vigueur lors de l'assemblée des actionnaires, le 24 septembre prochain.

Au-delà de ses succès en affaires, Alain Bouchard s'est attiré une réputation de patron anti-syndical, notamment à la suite de la fermeture en 2011 de deux commerces où avaient eu lieu des campagnes de syndicalisation. L'entreprise a toujours soutenu que ces commerces avaient été fermés parce qu'ils n'atteignaient pas les objectifs de rentabilité.

Toutefois, en octobre dernier, Alimentation Couche-Tard et la CSN s'entendaient sur une première convention collective touchant quelque 70 travailleurs de six dépanneurs Couche-Tard. Une entente avait également été conclue afin de compenser les 24 travailleurs des deux dépanneurs qui avaient fermé leurs portes.

Bénéfice en hausse

Couche-Tard a affiché mardi un bénéfice net en hausse de 28 pour cent à 182,3 millions $ US pour le trimestre clos le 2 février. La croissance a été essentiellement attribuée à l'acquisition de Statoil Fuel & Retail, en Scandinavie.

Le bénéfice par action s'est chiffré à 96 cents US, contre un bénéfice de 75 cents US par action un an plus tôt. Après exclusion d'éléments non récurrents, comme un gain de 10,4 millions $ US lié au taux de change, une charge de dépréciation de 6,8 millions $ pour une usine polonaise de lubrifiant et un gain de compression sur l'obligation au titre des régimes de retraite, Couche-Tard a engrangé un bénéfice ajusté de 175 millions $ US, en hausse par rapport à 153 millions $ US un an plus tôt.

Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 92 cents US, soit un cent de moins que ce à quoi s'attendaient les analystes, d'après les données recueillies par Thomson Reuters.

Les revenus ont reculé de 3,3 pour cent à 11,1 milliards $ US, essentiellement en raison de la vente des activités européennes de Gaz de pétrole liquéfié en décembre 2012, du taux de change, de la baisse des prix du carburant aux États-Unis et du fait que les résultats de Statoil Fuel & Retail ont contribué à 13 jours de moins au plus récent trimestre, par rapport à l'année précédente.

Les revenus des magasins ouverts depuis au moins un an ont progressé de 3,8 pour cent aux États-Unis, de 0,9 pour cent en Europe et de 2,2 pour cent au Canada. Les volumes de carburant des stations ouvertes depuis au moins un an ont pour leur part avancé de 1,3 pour cent aux États-Unis, de 2,7 pour cent en Europe et de 2,1 pour cent au Canada.

«Les résultats du troisième trimestre ont bénéficié de la croissance organique, tant du côté des marchandises et services que du carburant pour le transport routier dans l'ensemble de nos marchés et cela malgré la température désavantageuse dans plusieurs de nos marchés, le nombre moins élevé de jours de nos activités européennes inclus dans notre bénéfice net et l'impact défavorable de la conversion en dollars américains», a déclaré dans un communiqué M. Bouchard.

La société a en outre approuvé un fractionnement de ses actions à raison de trois pour une. Les nouvelles actions post-fractionnement commenceront à être échangées en Bourse à compter du 23 avril.

Couche-Tard est l'une des plus grandes chaînes de dépanneurs en Amérique du Nord, avec 6221 magasins exploités sur les bannières Couche-Tard, Mac's et Circle K. En Europe, Couche-Tard compte 2263 magasins Statoil Fuel & Retail à travers la Scandinavie, la Pologne, les pays baltiques et la Russie.

L'action de Couche-Tard a pris mardi 1,79 $ à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 86,70 $.

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