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L'Afrique du Sud trop passive contre la corruption d'étrangers par ses entreprises (OCDE)

18/03/2014 06:11 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

L'Afrique du Sud est trop passive contre les manoeuvres de corruption utilisées par ses entreprises, y compris publiques, dans leur expansion à l'étranger, selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) publié mardi.

"Le groupe de travail est sérieusement inquiet du manque d'actions contre la corruption d'agents publics étrangers en Afrique du Sud", indique ce troisième rapport d'étape, qui exige que Pretoria redouble d'efforts pour détecter et punir ces pratiques.

L'OCDE, représentée par un groupe de travail composé d'experts hongrois et américains, rappelle que l'Afrique du Sud, économie développée, première du continent et membre du G20, a des échanges avec de nombreux pays à risque de corruption, notamment l'Angola.

Pourtant, "seules dix affaires de corruption présumée ont émergé depuis que le pays a adhéré en 2007 à la convention" de l'OCDE sur la lutte contre la corruption dans les transactions internationales et "ces allégations n'ont débouché sur aucune inculpation", selon le rapport.

Il s'inquiète de "cette approche apparemment passive" et du "manque d'efforts d'enquête significatifs".

"Les autorités sud-africaines n'ont pas enquêté de façon pro-active ni recherché la coopération des autorités étrangères dans aucune des quatre affaires en cours d'investigation ou dans les autres", ce que le rapport juge "particulièrement troublant".

Les experts soupçonnent que le manque d'empressement dans la lutte contre la corruption s'explique par les mêmes raisons qui font que la corruption au plan intérieur "demeure un sérieux problème" en Afrique du Sud.

A savoir, le manque d'indépendance et les interférences politiques, le besoin d'une meilleure coordination, d'une expertise spécialisée et de davantage de moyens, notamment au niveau du parquet.

"Alors que les racines de ce défaut d'application de la loi sont peu claires, les experts s'inquiètent que des considérations d'ordre politique et économique puissent influencer les enquêtes et les poursuites contre la corruption d'agents étrangers", souligne le rapport.

Le rapport suggère qu'il soit rappelé aux contribuables qu'ils ne peuvent pas déduire les pots-de-vin et cadeaux versés à des agents publics étrangers, et aux ambassades d'Afrique du Sud qu'elles ont obligation de signaler les cas de corruption présumés.

Parmi les dix enquêtes en cours, exposées non nominativement, le rapport cite le cas de fonctionnaires d'un pays d'Afrique qui ont été corrompus pour faciliter un contrat d'achat d'équipement agricole et d'avions via des virements effectués par une société off-shore depuis un compte danois vers la filiale sud-africaine d'une banque portugaise.

Il cite aussi une affaire dans le domaine pétrolier où une entreprise publique sud-africaine est soupçonnée d'avoir versé 20 millions de dollars à des responsables d'une entreprise publique africaine en lien avec un contrat de concession. L'Afrique du Sud a ouvert l'enquête en avril 2013, mais n'a toujours pas demandé d'assistance du pays concerné.

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