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La Crimée signe un traité avec Poutine pour rejoindre la Russie

18/03/2014 06:09 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

MOSCOU - D'un seul coup de crayon, le président Vladimir Poutine a ajouté la Crimée à la Russie mardi, estimant que cette décision corrige les injustices du passé et affirmant qu'elle réplique aux attaques de l'Occident à l'endroit des intérêts russes.

Lors d'une allocution émotionnelle télévisée depuis le Kremlin, M. Poutine a déclaré que «dans le coeur et dans la tête du peuple, la Crimée a toujours été partie intégrante de la Russie».

Il a ajouté que les critiques occidentales du référendum de dimanche — qui a vu les habitants de la péninsule ukrainienne voter largement en faveur de leur annexion — ne sont qu'une nouvelle illustration de l'attitude «deux poids, deux mesures» de l'Occident.

Le leader russe a ensuite assuré que son pays n'a aucune intention d'envahir d'autres régions de l'Ukraine, déclarant que «nous ne voulons pas une division de l'Ukraine, nous n'avons pas besoin de ça».

M. Poutine affirme que l'Ukraine est un État né d'une sécession illégale de l'Union soviétique. Il a prétendu que l'Ukraine moderne comprend «des régions du sud historique de la Russie» et que sa création résulte d'un caprice des Bolchéviques.

Pendant que M. Poutine se targuait que l'annexion de la Crimée se soit faite sans violence, l'Ukraine annonçait qu'un de ses soldats a été tué et un autre blessé dans des hommes armés ont donné l'assaut contre une base militaire, quelques heures seulement après le discours du président russe.

La réaction de l'Occident à la décision de Moscou n'a pas tardé. Le ministre français des Affaires étrangères a indiqué que les leaders du G8 ont suspendu la participation de la Russie au groupe. Les sept autres membres avaient déjà suspendu leurs préparatifs en vue du sommet que la Russie doit accueillir en juin, à Sotchi.

Pour sa part, le président américain Barack Obama a convoqué les leaders du G7 à une rencontre en Europe la semaine prochaine, pour discuter de la crise ukrainienne. Cette rencontre aurait lieu en marge d'un sommet nucléaire aux Pays-Bas. Le G7 regroupe les États-Unis, le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni.

Le vice-président américain Joe Biden a prévenu que Moscou doit maintenant s'attendre à de nouvelles sanctions des États-Unis et de l'Europe.

«Le monde comprend ce que la Russie est en train de faire et rejette sa logique défaillante, a-t-il dit lors d'une rencontre de leaders européens en Pologne. Les gestes de Poutine démontrent clairement, aujourd'hui, la menace que représente la Russie au monde civilisé et à la sécurité internationale.»

Le Japon a lui aussi annoncé une série de sanctions à l'encontre de la Russie, qui a reconnu la Crimée comme un État indépendant. Les sanctions japonaises incluent la suspension des pourparlers concernant l'assouplissement des exigences pour les visas entre les deux pays et l'arrêt des négociations prévues sur les questions spatiales, militaires et d'investissement.

M. Poutine a signé le document avec le premier ministre criméen et le président du Parlement de la Crimée. L'entente doit maintenant être entérinée par la Cour constitutionnelle de Russie et ratifiée par les deux chambres du Parlement. Ces deux étapes sont considérées comme de simples formalités.

M. Poutine a accusé l'Occident d'avoir alimenté la discorde en Ukraine pour rompre ses liens historiques avec la Russie, et estime que les critiques occidentales du référendum sont sans légitimité.

«Ils (les Occidentaux) ont constamment cherché à nous acculer au mur pour notre position indépendante, pour avoir oser dire les vraies choses et pour avoir refusé d'être hypocrites, a-t-il dit. Mais il y a des limites. Et dans le cas de l'Ukraine, nos partenaires occidentaux sont allés trop loin. Ils se sont comportés de manière impolie, irresponsable et non professionnelle.»

Peu après son discours, M. Poutine a rejoint des dizaines de milliers de personnes qui s'étaient rassemblées sur la place Rouge pour célébrer le retour de la Crimée au sein de la Russie.

L'ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a salué le résultat du référendum en Crimée en faveur du rattachement de la péninsule à la Russie. Il y voit un un «heureux événement«.

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