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Jour 14: Austérité budgétaire au PLQ et lutte au décrochage scolaire au PQ

18/03/2014 12:00 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Les libéraux ont prôné l'avènement d'une période d'austérité budgétaire, avec promesse de déficit zéro dès 2015-2016, tandis que les péquistes se sont engagés à s'attaquer au fléau du décrochage scolaire, en ce 14e jour de campagne électorale.

Du côté des caquistes, on a tenté une fois de plus de séduire les contribuables en leur promettant de proscrire les chocs tarifaires.

Pour tous les partis, la présentation du cadre financier est toujours un moment fort d'une campagne électorale. Mardi, à Bécancour, c'était au tour du Parti libéral de Philippe Couillard de dire à quoi ressemblerait sa gestion des fonds publics s'il prenait le pouvoir le 7 avril.

M. Couillard, qui promet le retour à l'équilibre budgétaire dès 2015-2016, veut imposer un régime d'austérité à l'appareil de l'État. Il décréterait un gel des budgets de tous les ministères pendant cinq ans, sauf ceux dévolus à la santé et à l'éducation. Il veut aussi créer une commission chargée d'examiner la pertinence des programmes gouvernementaux, en vue de procéder à des compressions de 1,3 milliard $ durant les deux premières années du prochain mandat.

«L'heure n'est plus aux mesures cosmétiques et à la marge, a-t-il dit. Il faut prendre des mesures significatives, en tout respect des contribuables et de leur capacité de payer.»

La moitié des fonctionnaires qui quitteront pour la retraite ne seront pas remplacés. Le chef libéral veut aussi éliminer graduellement la taxe santé, pourtant une initiative libérale. Il a rappelé par ailleurs son intention d'indexer les tarifs de garderie, donc d'annuler les hausses annoncées par le gouvernement péquiste.

Entouré des candidats vedettes de l'équipe économique du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau et Simon Prévost, le ministre des Finances sortant, Nicolas Marceau, a mis en garde les électeurs contre la «croissance artificielle des revenus» prévue par les libéraux dans leur cadre financier, qui reposerait sur des rentrées d'argent «imaginaires» de 5,1 milliards $.

Une fois de plus, M. Couillard a dû s'expliquer sur ses relations passées avec le controversé Dr Arthur Porter, accusé de corruption en lien avec la construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Irrité par les questions des journalistes, M. Couillard s'est emporté, disant qu'il ne tolérerait plus les tentatives visant à le lier à M. Porter. «J'en ai plein le dos!», a-t-il martelé.

Le quotidien Le Devoir affirmait mardi que M. Porter avait contrevenu à la loi en 2010 en ne demandant pas l'autorisation à l'Agence de la santé de Montréal pour mettre sur pied une firme de consultants avec M. Couillard, un projet qui finalement n'aura pas fonctionné.

Pendant ce temps, en point de presse à Montréal, la chef péquiste Pauline Marois a voulu se faire rassurante quant à la possibilité qu'elle décide de tenir un référendum sur la souveraineté durant le prochain mandat.

Elle a rappelé que le vote du 7 avril portait sur le choix d'un gouvernement et qu'elle n'avait pas l'intention de bousculer les Québécois au sujet de leur avenir politique.

Le statut du Québec ne sera pas changé sans que les électeurs n'aient été d'abord consultés, a-t-elle dit, en annonçant les mesures que son gouvernement mettra en place, s'il est reporté au pouvoir, afin de réduire le décrochage scolaire.

Un gouvernement péquiste adopterait une politique nationale de lutte contre le décrochage scolaire, puis une autre qui porterait sur l'alphabétisation. Il viserait un taux de diplomation de 80 pour cent avant l'âge de 20 ans. Il poursuivrait l'implantation des maternelles quatre ans en milieu défavorisé et mettrait l'accent sur la formation professionnelle.

Quant à lui, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, est revenu une fois de plus à la charge avec sa charte des contribuables, qui vise à proscrire les chocs tarifaires. Sous son règne, les tarifs seraient simplement indexés.

M. Legault s'est engagé à s'attaquer aux hausses de taxes et de tarifs de toutes sortes, qui provoquent «un étranglement fiscal», selon lui.

À propos du dernier sondage qui ne lui donne plus que 13 pour cent d'appui, le chef de la CAQ, qui avait récolté 27 pour cent des voix en 2012, s'est montré «réaliste» quant aux résultats escomptés par sa formation le 7 avril.

«Je suis capable d'en prendre», a-t-il commenté, en ajoutant qu'il avait dans le passé traversé bien des épreuves et qu'il allait se battre «jusqu'à la fin».

En matière énergétique, la CAQ tournerait le dos aux éoliennes, et suspendrait l'appel d’offres lancé par Hydro-Québec pour l’achat d’un bloc de 450 MW additionnels d’énergie éolienne.

À Montréal, Québec solidaire a annoncé ses couleurs en matière de logement social, en promettant la construction écologique de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans au Québec, dont près de la moitié à Montréal.

L'Association québécoise des établissements de santé a fait savoir, mardi, qu'elle a écrit aux chefs des quatre principaux partis pour leur demander s'ils sont prêts à étaler la hausse prévue de la rémunération des médecins ou, sinon, à supprimer des services aux patients.

En soirée, les chefs des trois principaux partis ont pris une pause pour aller écouter le discours de l'ancienne secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, au Palais des congrès de Montréal.

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