NOUVELLES

Iran: Sakineh Ashtiani pas menacée de lapidation, selon un responsable de la Justice

18/03/2014 12:31 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

L'Iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani n'est pas menacée par une condamnation à la lapidation pour adultère, une affaire qui avait provoqué une vive émotion en Occident et dont l'exécution est suspendue depuis 2010, a affirmé mardi un responsable de la Justice iranienne.

Cette mère de famille avait été condamnée en 2006 à la pendaison pour son implication dans le meurtre de son mari et à la lapidation pour plusieurs adultères. La première condamnation avait été commuée en appel en dix ans de prison en 2007 mais la même année, la lapidation avait été confirmée par la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays.

L'exécution de la peine de lapidation est toutefois suspendue depuis 2010 par la justice en attendant un nouvel examen du dossier.

"Peut-être que, dans ce dossier, la question de la lapidation a été évoquée mais sa condamnation était pour le meurtre et la peine qui avait été finalisée était la pendaison et non la lapidation", a affirmé Mohammad Javad Larijani, le chef du Comité des droits de l'Homme, une instance intégrée au pouvoir judiciaire.

Il répondait à un journaliste qui lui demandait de confirmer que Mme Mohammadi-Ashtiani avait été condamnée à la lapidation.

Il n'a pas évoqué le verdict de la Cour suprême.

Le Comité a "obtenu l'assentiment de la famille de la victime pour qu'elle renonce à la loi du talion. Sa peine a été transformée en dix ans de prison et le prix du sang (de la victime) a été payé par des dons de la population", a expliqué M. Larijani, dans des déclarations publiées sur le site officiel de l'organisation.

Mme Mohammadi-Ashtiani, détenue à Tabriz (nord-ouest), a bénéficié d'une "permission de sortie pour bonne conduite", a-t-il ajouté, sans préciser la date de cette libération et si elle était définitive.

Cette affaire avait suscité une forte mobilisation dans les pays occidentaux qui avaient demandé à l'Iran de renoncer à l'application de la lapidation. Elle a été utilisée "pour mener les plus grandes propagandes contre notre régime", selon M. Larijani.

Le chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, a récemment demandé aux juges d'éviter de prononcer des "peines qui affaiblissent le régime islamique".

La lapidation est inscrite dans la charia en vigueur en Iran, mais le code pénal laisse le choix au juge ayant prononcé la condamnation de la transformer en pendaison.

sgh-cyj/vl

PLUS:hp