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Des militants de Greenpeace grimpent sur la croix du mont Royal, à Montréal

18/03/2014 07:40 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Environ quatre mois après avoir pris d'assaut la Biosphère, à Montréal, l'organisation environnementale Greenpeace y est allée d'un nouveau coup d'éclat, mardi, en escaladant un autre symbole montréalais: la croix située au sommet du mont Royal.

Au petit matin, par une température glaciale, six militants vêtus de combinaisons orange ont gravi la célèbre croix afin de la transformer en «balance de la justice». Greenpeace a ainsi voulu illustrer ce qu'elle décrit comme une «disparité» entre les pratiques de Produits forestiers Résolu et la protection des forêts publiques.

Deux plateaux ont été suspendus aux bras de la croix, le plateau le plus bas contenant le logo de la compagnie forestière, et le second, donc le plus léger, contenant un dessin de la forêt. Une banderole d'une douzaine de mètres sur laquelle le mot «Justice?» avait été inscrit a également été déployée sur la partie verticale de la croix.

Des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et des pompiers sont arrivés sur le chemin Olmsted, au sommet du mont Royal, dès 7 h, et un périmètre de sécurité a été établi afin d'éloigner les curieux et de tenir les représentants des médias à l'écart.

Quelques pompiers ont revêtu un équipement d'escalade, mais ils ont finalement choisi de ne pas intervenir, puisqu'ils en sont venus à la conclusion que cela ne ferait qu'accentuer les risques d'accident.

Les six militants — trois hommes et trois femmes âgés entre 19 et 28 ans — sont descendus d'eux-mêmes, comme prévu, peu après 11 h. Ils ont été arrêtés pour méfait, et libérés sur les lieux par voie de sommation, a précisé Daniel Lacoursière, relationniste au SPVM.

L'agent Lacoursière n'a pas souhaité commenter le geste en tant que tel, qui a nécessité une intervention d'une durée d'environ 4 h 30, mais il a rappelé que les actes commis contrevenaient à la loi. «Ce qu'ils ont fait là, c'est illégal, a souligné l'agent. Ils ont forcé un cadenas pour ouvrir une des portes qui donne accès à une patte de la croix, et après ça, ils ont grimpé dans la tour. Ça constitue un méfait; ces gens-là vont être accusés au criminel.»

Greenpeace soutient que Résolu s'adonne à des coupes à blanc dans les dernières forêts vierges du Québec, menaçant ainsi les écosystèmes et certaines espèces animales, en plus de bafouer les droits des peuples autochtones.

«Produits forestiers Résolu coupe actuellement dans des habitats d'espèces menacées comme le caribou forestier, et va faire des coupes forestières sans le consentement des Premières Nations, donc vient directement menacer leurs droits», a exposé Nicolas Mainville, directeur de Greenpeace Québec.

L'organisation non gouvernementale a profité du contexte électoral pour appeler les formations politiques à s'engager à protéger davantage la forêt boréale. «C'est clair qu'on va talonner les partis politiques pour s'assurer qu'il y ait des engagements clairs, parce qu'il y a vraiment urgence d'agir pour s'assurer de rétablir un équilibre entre l'exploitation et la protection de la forêt publique au Québec», a ajouté M. Mainville, qui assistait à l'opération, mardi matin.

Le 20 novembre dernier, trois militants de Greenpeace avaient escaladé la Biosphère de Montréal pour y déployer une bannière réclamant la libération des 30 militants de leur organisation qui étaient détenus ou en liberté conditionnelle en Russie, parmi lesquels se trouvait le Montréalais Alexandre Paul.

Les policiers montréalais n'étaient pas intervenus pendant l'action, puisque la démarche des militants écologistes était pacifique. Cependant, une fois redescendus, les policiers leur avaient remis une citation à comparaître pour répondre à une accusation de méfait.

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