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Affaire Porter : Marois peut s'amuser seule dans la boue, dit Couillard

18/03/2014 05:15 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Le chef libéral, Philippe Couillard, dit qu'il serait facile pour lui de « répondre à la boue par la boue » à Pauline Marois, après avoir dû se défendre une nouvelle fois au sujet de ses liens avec l'ancien directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) Arthur Porter, aujourd'hui accusé de fraude.

Le chef du PLQ, qui se distancie de M. Porter, a perdu patience après s'être fait poser des questions sur le sujet, mardi avant-midi, à Bécancour.

« Je comprends les petites tentatives de salissage qu'on fait pendant une campagne électorale, mais j'ai passé des mois à répondre à ça, jour après jour, et j'en ai plein le dos. Je ne tolérerai plus toute tentative de me lier par association à ce qui est reproché au Dr Porter dont il aura à répondre devant les tribunaux. Ça suffit. Je n'endure plus ça! » a-t-il lancé.

« Ce n'est pas un hasard que la question soit soulevée aujourd'hui à cette période de la campagne électorale », ajoute-t-il.

Le quotidien Le Devoir affirme mardi que M. Porter a agi dans l'illégalité en 2010, alors qu'il était patron du CUSM, en fondant une entreprise avec Philippe Couillard.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, est revenue à la charge à ce sujet en point de presse, mardi. « On constate qu'il y a des affaires dans lesquelles [M. Couillard] a été impliqué qui posent des problèmes en termes d'éthique. Est-ce qu'on veut revenir à ce qu'on a connu sous monsieur Jean Charest? », s'est-elle demandé.

Le chef de la CAQ, François Legault a aussi abordé la question. « [C'est un] manque de jugement, s'associer avec un DG d'un grand hôpital pour faire du développement d'affaires dans une entreprise. Donc, ça veut dire que M. Couillard était d'accord que M. Porter ne consacre pas 100 % de ses énergies à gérer l'hôpital. »

« Les manquements à l'éthique dans la gestion des affaires publiques chez les libéraux font maintenant partie de leur structure, de leur ADN. Alors, que ça soit M. Couillard ou un autre, c'est bien malheureux, c'est ça que le Parti libéral est devenu », a dit pour sa part le candidat de Québec solidaire dans Mercier, Amir Khadir.

Plus tard, en après-midi, des journalistes ont demandé à M. Couillard de préciser sa pensée sur le fait que cette question soit posée à ce moment précis de la campagne.

« On ne sera pas naïf. C'est le jour de la publication d'un sondage, le débat approche et on se retrouve devant un foisonnement d'allégations de toutes sortes et de salissage. Ce n'est pas un hasard. Ça fait partie de la vie politique. Si Mme Marois veut s'amuser dans la boue, elle sera seule. Je ne joue pas dans ce terrain-là », a-t-il répondu en point de presse, à Longueuil.

Philippe Couillard met au défi la chef péquiste de poursuivre sur ce terrain, laissant entendre qu'il pourrait aussi lancer des attaques de même nature à son encontre.

« Je fais le choix de ne pas suivre Mme Marois sur le ton qu'elle adopte. Il serait excessivement facile pour moi, vous avez en tête des sujets que je pourrais toucher, de répondre à la boue par la boue. Je ne fais pas de la politique comme ça, je vais laisser les citoyens juger », a-t-il poursuivi.

M. Couillard a ajouté qu'il répond à toutes les questions qui lui sont posées depuis un an, contrairement à Mme Marois, qui est « incapable de dire si elle va faire un référendum ou pas », selon lui.

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