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Vladimir Poutine signe le décret reconnaissant l'indépendance de la Crimée

17/03/2014 05:42 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Le président russe, Vladimir Poutine, a signé le décret reconnaissant l'indépendance de la Crimée, lundi, au lendemain de la victoire écrasante des prorusses dans le référendum sur la réunification de la région avec la Russie.

Le vote sécessionniste en Crimée a donné lieu aux sanctions les plus importantes à être infligées contre la Russie depuis la fin de la guerre froide.

Washington et l'Union européenne ont annoncé le gel d'avoirs de même qu'un interdit de voyage à l'endroit de dirigeants russes et le président Barack Obama s'est engagé à «accroître le coût» pour la Russie si le Kremlin ne reculait pas.

Le Parlement de l'Ukraine a de son côté approuvé l'ordre du président de rappeler environ 20 000 réservistes et volontaires et de mobiliser quelque 20 000 hommes de la nouvelle garde nationale.

Ni les États-Unis, ni l'UE ne reconnaissent la validité des résultats du référendum tenu dimanche en Crimée. Le scrutin avait été organisé en l'espace de quelques jours seulement en pleine crise politique en Ukraine.

L'administration Obama a qualifié le référendum d'illégal, affirmant que d'importantes «anomalies» avaient été rapportées dans ce scrutin. Pas moins de 97 pour cent des participants au référendum ont voté en faveur de la réunification à la Russie, selon les données officielles.

«Si la Russie continue à interférer en Ukraine, nous sommes prêts à imposer de nouvelles sanctions», a dit le président américain, avant d'ajouter qu'il continue à croire à une solution diplomatique et que les sanctions pourront être ajustées à la réaction de la Russie.

L'un des dirigeants russes visés par les sanctions s'est moqué de Washington sur son compte Twitter, lundi.

«Camarade Obama, qu'est-ce que nous devons faire si nous n'avons ni compte bancaire ni propriété à l'étranger? N'y avez-vous donc pas songé?», a lancé le vice-premier ministre Dimitri Rogozin.

À Kiev, le président intérimaire Olexandre Tourtchinov a juré que l'Ukraine ne céderait pas la Crimée.

«Nous sommes prêts à négocier mais nous ne nous résoudrons jamais à l'annexion de notre territoire. Nous ferons tout pour éviter la guerre et la perte de vies humaines. Nous ferons tout pour résoudre ce conflit par la diplomatie. Mais la menace militaire contre notre État est réel», a-t-il déclaré lors d'un discours diffusé à la télévision.

Certains craignent que le référendum en Crimée n'alimente le sentiment prorusse dans les régions de l'est de l'Ukraine, ce qui pourrait déboucher sur d'autres déclarations d'indépendance dans ce pays de 46 millions d'habitants. Par ailleurs, un important contingent militaire russe a été déployé le long de la frontière avec la partie orientale russophone de l'Ukraine, qui entretient un différend politique important avec les nouveaux dirigeants de Kiev.

Une délégation de la Crimée devait se rendre à Moscou lundi pour amorcer des négociations sur la suite des procédures.

Le Parlement criméen a déclaré que toutes les propriétés de l'État ukrainien seront nationalisées et deviendront la propriété de la République criméenne. Les parlementaires ont aussi demandé à l'ONU et aux autres nations de reconnaître leur indépendance, et ils ont lancé la création d'une banque centrale avec de l'argent fourni par la Russie.

Le vice-premier ministre, Rustam Temirgaliyev, a expliqué que cette banque sera une succursale de la banque centrale russe. La Crimée adoptera le rouble comme monnaie et Moscou fournira 30 millions $ US à la Crimée pour stabiliser sa situation financière, a-t-il dit.

Moscou juge légitime le scrutin organisé en Crimée et le président Poutine doit s'adresser aux deux chambres du Parlement mardi, à ce sujet.

La Maison-Blanche a annoncé des sanctions contre sept dirigeants russes dont M. Rogozin, ainsi que d'autres conseilleurs proches du président Poutine. Le département du Trésor a également imposé des sanctions à quatre Ukrainiens, dont l'ancien président Viktor Ianoukovitch et d'autres qui ont appuyé la séparation de la Crimée. Le premier ministre du gouvernement régional de la Crimée, Sergeï Aksyonov, et le président du Parlement criméen, Vladimir Konstantinov, sont du nombre.

L'UE a elle aussi annoncé l'imposition de sanctions d'interdit de voyage et de gel d'actifs à 21 personnes liées à la crise ukrainienne. Deux diplomates ont précisé, sous le couvert de l'anonymat, que les sanctions visent 13 Russes et huit personnes originaires de la Crimée.

Les leaders du bloc européen doivent se rencontrer jeudi et vendredi, et de nouvelles sanctions pourraient être annoncées dès la fin de semaine.

À Bruxelles, le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a déclaré que l'Occident doit répliquer.

«Nous devons démontrer notre solidarité avec l'Ukraine et la Russie ne nous laisse donc pas d'autre choix, a-t-il lancé aux journalistes. (L'annexion) de la Crimée ne peut rester sans réponse de la communauté internationale.»

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