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Ukraine: l'UE adopte des sanctions contre 21 personnalités

17/03/2014 08:57 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - L'Union européenne et les Etats-Unis ont adopté lundi des sanctions ciblées contre de hauts responsables russes ou pro-russes pour envoyer selon eux un "message fort" à Moscou au lendemain du référendum de rattachement de la Crimée à la Russie.

Annoncées à quelques minutes d'intervalle à Bruxelles et Washington, ces sanctions concernent un nombre limité de responsables russes et ukrainiens et épargnent a priori le président russe Vladimir Poutine, mais frappent très près du président russe, au moins côté américain.

Côté américain, 11 personnes ont été visées par des gels d'avoirs: sept Russes et quatre personnes accusées de collusion avec la Russie en Ukraine, dont le président déchu Viktor Ianoukovitch.

Parmi les Russes, qui voient ainsi leurs avoirs gelés aux Etats-Unis, selon l'exécutif américain, figurent le vice-Premier ministre, Dmitri Rogozine, la présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe), Valentina Matvienko, ainsi que deux proches conseillers de M. Poutine (Vladislav Sourkov et Sergueï Glaziev) et deux élus de la Douma.

Ces mesures "envoient un message fort au gouvernement russe, sur le fait que les actes de violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine ont des conséquences", a précisé la Maison Blanche. Le président Obama devait prendre la parole à 10H45 (14H45 GMT) au sujet de l'Ukraine, a priori pour défendre cette position de fermeté.

De leur côté, les ministres européens des Affaires étrangères "viennent de décider des sanctions --restrictions de visas et gels d'avoirs-- contre 21 responsables ukrainiens et russes", a déclaré lundi le ministre lituanien, Linas Linkevicius, sur son compte Twitter.

Les sanctions visent 13 responsables russes et huit Ukrainiens pro-russes, à qui il est reproché d'avoir porté atteinte à la souveraineté de l'Ukraine, a-t-on précisé de sources diplomatiques. Parmi eux figurent trois militaires de haut rang.

"Ce sont des soi-disant dirigeants de Crimée et des Russes, spécialement membres de la Douma et des représentants des forces armées qui ont pris part à ces actions illégales", a déclaré à l'AFP M. Linkevicius.

Mais cette première liste, qui doit être publiée dans la soirée au Journal officiel de l'UE, ne comprend pas de ministres du gouvernement russe, a-t-on précisé de source diplomatique.

- Sanctions inédites depuis 1991 -

Les sanctions européennes ont été décidées pour une durée de six mois renouvelables.

M. Linkevicius a indiqué en revanche que l'UE prendrait des "sanctions supplémentaires dans les prochains jours".

A leur arrivée lundi à Bruxelles pour leur réunion mensuelle, tous les ministres européens des Affaires étrangères ont exprimé leurs protestations et leur fermeté face à la Russie.

"Nous essayons d'envoyer le message le plus fort possible à la Russie" afin qu'elle "comprenne combien la situation est grave" au lendemain du "soi-disant" référendum en Crimée, a résumé Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l'UE.

De telles sanctions sont inédites dans l'histoire des relations UE-Russie depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1991. Elles marquent l'application de la deuxième étape de la "réponse graduée" sur laquelle s'étaient entendus les chefs d'Etat et de gouvernement européens lors de leur réunion extraordinaire sur l'Ukraine du 6 mars.

Les Européens estiment toutefois qu'il n'est pas trop tard pour qu'une solution politique soit trouvée et éviter ainsi une aggravation de la crise ukrainienne.

"Il faut faire preuve de beaucoup de fermeté et en même temps trouver les voies du dialogue et ne pas aller vers l'escalade", a déclaré le ministre français Laurent Fabius, à l'instar de plusieurs de ses collègues.

L'option militaire exclue, les Occidentaux comptent sur l'impact d'un isolement croissant de la Russie sur la scène internationale. Ils se gardent ainsi la possibilité d'imposer des sanctions économiques et commerciales, susceptibles d'avoir des conséquences bien supérieures car les Etats-Unis et l'UE comptent parmi les trois principaux partenaires de Moscou.

Le ministre luxembourgeois Jean Asselborn a souligné que la Russie allait commencer à "souffrir", citant la "dévaluation du rouble", "un isolement au Conseil de sécurité" de l'ONU et "même des critiques de ses partenaires comme le Kazakhstan ou l'Arménie". "On a peur de la Russie maintenant et, lorsqu'on a peur, les investissements reculent et l'économie en souffre", selon lui.

Parallèlement, les Européens mettent les bouchées doubles pour aider le nouveau pouvoir ukrainien à s'affirmer. Après avoir promis un soutien économique de 11 milliards d'euros, les dirigeants de l'UE s'apprêtent à signer le volet politique de l'accord d'association UE-Ukraine, probablement vendredi, soit le jour où le Parlement russe devrait avaliser le rattachement de la Crimée.

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