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Soins aux aînés, santé... mais encore des clarifications sur le statut du Québec

17/03/2014 12:04 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Deux des thèmes les plus chers aux citoyens, à savoir l'accès aux soins de santé et les services aux aînés, ont fait l'objet d'engagements électoraux de la part des deux principaux partis, lundi. Mais, encore une fois, la question du statut du Québec a rattrapé, voire indisposé, les chefs du PLQ et de la CAQ.

Le chef libéral Philippe Couillard, qui avait laissé entendre qu'il avait la même position que le chef caquiste François Legault sur la question constitutionnelle, a dû battre en retraite, affirmant qu'il avait peut-être mal compris la question.

Il a finalement affirmé que l'initiative de lancer des discussions constitutionnelles avec les autres provinces ou le fédéral ne viendrait pas de lui, mais devrait venir des autres provinces. Lui ne tient pas à parler de cette question. Et si une autre province lui parlait de cette question, alors seulement il lui soumettrait «les revendications traditionnelles du Québec», a-t-il conclu.

Le chef libéral attend donc «une demande de l'extérieur du Québec» et ne mènera pas le bal. Du même souffle, pourtant, il a dit «souhaiter qu'un jour il soit reconnu (le Québec)». Mais il n'en prendra pas l'initiative.

Pour justifier son attentisme, il a soutenu que «personne» à l'heure actuelle ne lui parle du statut du Québec au sein de la fédération canadienne.

À son tour, le chef de la CAQ, François Legault, a eu maille à partir avec le dossier du statut du Québec. Il n'a pu dire s'il était souverainiste ou fédéraliste. «Je suis nationaliste. Je crois que les deux options se valent», a-t-il conclu.

Il s'est limité à dire que si un référendum avait lieu dans un avenir rapproché, il voterait non, car le Québec n'est pas assez fort économiquement, selon lui.

«Gardons l'avenir ouvert», a-t-il clamé, ajoutant que «dans 10 ans, 15 ans», il sera toujours temps de prôner la souveraineté du Québec ou de «renégocier un deal avec le Canada».

M. Couillard lui a reproché de son côté d'être dans le fond un souverainiste, mais qui évitait sciemment le sujet, par stratégie politique.

De son côté, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a reconnu que la charte des valeurs et sa pièce maîtresse, l'interdiction du port des signes religieux, pourraient s'étendre bien au-delà du secteur public.

Si la charte est conçue pour les employés de l'État, rien n'empêchera les boutiques, supermarchés et autres commerçants d'emboîter le pas au gouvernement et de s'inspirer des mesures pour leur politique interne, a dit Mme Marois.

Pour autant qu'elles respectent les balises assurant l'égalité des hommes et des femmes, les entreprises privées «seront libres d'appliquer les politiques qui leur conviennent», a dit Mme Marois à l'occasion d'un point de presse à Longueuil au 13e jour de la campagne électorale.

Santé et aînés

Le Parti québécois, quant à lui, a élaboré ses propositions en matière d'accès aux soins de santé. Il s'est notamment engagé à donner accès à un médecin de famille et à achever le réseau des 300 Groupes de médecine familiale d'ici 2016.

Il veut aussi centraliser la prise de rendez-vous.

Le PQ s'est également engagé à achever la mise en forme du Dossier santé du Québec, où seront un jour complètement regroupées diverses informations touchant les examens, tests et médicaments du patient, en lien avec les pharmacies et les cabinets de médecins.

«Nous allons dans la bonne direction», a lancé la chef Pauline Marois.

Elle a écorché le chef libéral, un ancien ministre de la Santé, rappelant qu'il s'était jadis engagé à réduire les listes d'attente _ «un constat d'échec» aujourd'hui, selon elle. Elle a aussi soutenu que sa gestion du dossier des hôpitaux universitaires avait été «catastrophique» et qu'elle avait coûté des millions de dollars aux Québécois.

En après-midi, elle a rencontré la puissante Union des producteurs agricoles. La Politique de souveraineté alimentaire du Québec a été abordée, de même que l'accès aux terres agricoles pour les jeunes.

Le chef Philippe Couillard s'est concentré sur les aînés, s'engageant à investir 150 millions $ par année pendant cinq ans pour développer les soins à domicile. Il veut aussi injecter 5 millions $ par an de plus pour des services aux proches aidants.

De même, un gouvernement libéral offrirait des prêts aux aînés dont le revenu du ménage ne dépasse pas 70 000 $ par an et qui ont peine à payer leurs taxes foncières et scolaires. Ces prêts devraient être remboursés lors de la vente de la maison.

La Coalition avenir Québec, quant à elle, a plutôt promis de mettre fin aux nominations partisanes «des petits amis» du gouvernement en place.

M. Legault a relevé 40 nominations partisanes en 18 mois de gouvernement péquiste. Et, avant lui, le gouvernement libéral en avait fait 500, a-t-il soutenu.

Il s'est donc engagé à ce que toutes les candidatures soient évaluées par un comité indépendant. Il compte aussi évaluer les primes de départ des gestionnaires des organismes publics.

Quant à Québec solidaire, il a élaboré son plan visant à réduire la dépendance au pétrole. Il compte y parvenir en investissant dans la rénovation des bâtiments, la conception de milieux de vie plus écologiques et la construction de nouveaux moyens de transport.

«Refuser ce virage indispensable c'est subir de douloureuses conséquences» plus tard, a martelé la coporte-parole Françoise David.

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