POLITIQUE

Québec solidaire veut «sortir le Québec du pétrole» et conteste le modèle éolien

17/03/2014 11:47 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT
Bloomberg via Getty Images
Equipment sits near a section of pipeline during construction of the Gulf Coast Project pipeline in Atoka, Oklahoma, U.S., on Monday, March 11, 2013. The Gulf Coast Project, a 485-mile crude oil pipeline being constructed by TransCanada Corp., is part of the Keystone XL Pipeline Project and will run from Cushing, Oklahoma to Nederland, Texas. Photographer: Daniel Acker/Bloomberg via Getty Images

MONTRÉAL - Québec solidaire n'écarte pas la possibilité d'une nationalisation, du moins partielle, de la filière éolienne advenant qu'il prenne le pouvoir, estimant que le modèle de développement de cette filière doit être remis en question.

La formation politique a présenté lundi un «Plan de sortie du pétrole» qui, selon ses projections, permettrait la création de 160 000 emplois sur cinq ans grâce à des investissements de 23 milliards $ dans les transports collectifs et la rénovation éco-énergétique.

«La crise écologique, c'est une opportunité économique. Saisissons cette opportunité», a lancé le député Amir Khadir au moment de présenter le plan.

M. Khadir a fait valoir que le Québec devait s'affranchir du pétrole et ne pas céder à «la propagande de l'industrie pétrolière» qui, pour ses propres intérêts, fait miroiter une richesse dangereuse pour l'avenir de la planète en moussant l'exploitation du pétrole québécois.

«Le pétrole qu'il semble y avoir au Québec n'est pas un pétrole très propre», a ajouté la candidate de Québec solidaire dans Sainte-Marie Saint-Jacques, Manon Massé. «On parle du schiste. Les Québécois ont dit clairement il y a quelques mois que ce qui provient du schiste, on n'en veut pas.»

Interrogé à cette occasion sur l'avenir de la filière éolienne, Amir Khadir a reproché au gouvernement libéral de l'époque d'avoir attaché le Québec à des intérêts privés avec cette filière.

«C'est un autre éléphant blanc. On produit beaucoup, beaucoup, on achète de l'électricité à des producteurs privés qu'on a financés à même les taxes des contribuables et aujourd'hui nous sommes pris à acheter des surplus dont on ne sait pas quoi faire.»

M. Khadir s'est dit d'avis que ces contrats devraient être soumis à une analyse plus rigoureuse.

«Si Québec solidaire arrive au pouvoir, on va regarder qu'est-ce qui a fait qu'on a octroyé ces contrats sous des régimes aussi avantageux pour des producteurs privés et qu'on a entraîné le gouvernement québécois dans des dépenses aussi excessives», a-t-il dit, laissant entendre qu'ils pourraient être contestés sur la base d'irrégularités.

«La question de la corruption et l'intégrité de l'octroi de ces contrats et du lobbyisme qui s'est fait illégalement pour les obtenir, nous allons l'utiliser comme levier pour essayer de voir si on peut rouvrir certains contrats», a ajouté M. Khadir.

Il a précisé que la réflexion du parti sur une éventuelle nationalisation de l'éolien n'était pas encore terminée, mais il a ajouté qu'il ne s'agirait certainement pas d'une nationalisation «mur à mur» puisque certaines de ces productions bénéficient à des communautés locales.

Quant au plan de sortie du pétrole, Québec solidaire propose d'investir, sur cinq ans, 20 milliards $ dans les transports collectifs à Montréal (5 milliards $), ses couronnes nord et sud (3,75 milliards $), Québec (5 milliards $), Trois-Rivières (2 milliards $), Gatineau (1,75 milliard $), Sherbrooke (1,25 milliard $) et Saguenay (1,25 milliard $).

Prenant l'exemple de certaines grandes villes européennes, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a soutenu que le temps d'un grand virage était arrivé.

«On ne fonctionne plus avec les voitures dans certaines grandes villes. Cette ère-là, elle est terminée. C'est le métro, c'est le métrobus, c'est l'autobus. C'est ça qu'on propose.»

Mme David s'est dite convaincue que la population ne demandait pas mieux que de délaisser la voiture au profit du transport collectif si l'offre était adéquate, prenant pour exemple les succès fulgurants du prolongement du métro à Laval et des trains de banlieue.

«Chaque fois qu'on fait une offre de transport en commun, la population répond présent. (...) Dès que ces offres-là se mettent en place, les compagnies sont tout de suite débordées parce qu'il y a trop de monde. Beau problème!», a-t-elle fait valoir, précisant que l'offre de transport collectif interurbain serait au centre des préoccupations dans un deuxième mandat.

Le reste de la somme de 23 milliards $ serait notamment consacré à l'isolation des immeubles énergivores, la conversion des immeubles gouvernementaux à la géothermie et au développement de solution innovatrices en matière énergétique.

Québec solidaire croit pouvoir alimenter l'intensification et l'électrification des transports collectifs ainsi que la conversion des immeubles chauffés au mazout vers l'électricité avec, notamment, l'électricité économisée par les mesures visant les immeubles énergivores. Ces mesures visent non seulement les immeubles gouvernementaux mais aussi les bâtiments résidentiels mal isolés et, en priorité, les logements chauffés par des sources énergétiques polluantes comme le mazout.

Québec solidaire souligne que ces investissements peuvent être financés par des emprunts, tout comme l'avaient été les investissements en infrastructures sous le gouvernement Charest, et que l'occasion est propice puisque les taux d'intérêt sont à des niveaux historiquement bas.

Quant à la création d'emplois, la formation politique prévoit, entre autres, un ajout de plus de 146 000 emplois liés à la construction de nouvelles infrastructures de transport en commun, 10 000 embauches subséquentes dans le secteur des transports, plus de 3200 emplois pour l'isolation des immeubles énergivores et près de 2000 autres pour la conversion des édifices gouvernementaux à la géothermie.

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