POLITIQUE

Escouade Marteau: le procès Roche débute à Saint-Jérôme

17/03/2014 01:49 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

Le procès découlant de la première opération d'envergure de l'escouade Marteau, à Boisbriand en février 2011, s'est ouvert ce matin à Saint-Jérôme.

Un texte de Isabelle Richer Twitter Courriel

Le procès découlant de la première opération d'envergure de l'UPAC, à Boisbriand en février 2011, s'est ouvert ce matin à Saint-Jérôme.

Lors de cette opération policière, l'escouade Marteau avait arrêté des responsables de la firme de génie-conseil Roche, soupçonnés d'avoir commis des actes de corruption à l'endroit de fonctionnaires et d'anciens maires de la Ville de Boisbriand.

L'entrepreneur en construction Lino Zambito, alors président de la compagnie Infrabec, son père Giuseppe Zambito et l'ex-mairesse de Boisbriand Sylvie St-Jean avaient eux aussi été arrêtés et accusés.

Le mois dernier, Sylvie St-Jean a plaidé coupable à quatre chefs d'accusation de fraude, complot pour fraude, abus de confiance et complot pour abus de confiance. Elle connaîtra sa peine en juillet. Quant à Lino Zambito, Giuseppe Zambito et Claude Brière, ils ont obtenu un procès séparé qui se tiendra en septembre 2015.

Le procès qui s'est amorcé ce matin, devant le juge Normand Bonin de la Cour du Québec, réunit donc quatre accusés, soit deux responsables de la firme de génie-conseil Roche, France Michaud et Gaétan Morin, l'ingénieur Rosaire Fontaine de BPR Triax ainsi que l'ex-maire de Boisbriand, Robert Poirier.

Ils doivent répondre à des accusations de fraude, de complot et d'actes de corruption dans les affaires municipales. Les faits qu'on leur reproche se seraient produits sur une longue période, entre 2000 et 2008.

L'acte d'accusation révèle qu'en 2005, France Michaud, alors vice-présidente chez Roche, aurait offert une récompense à un fonctionnaire de la Ville de Boisbriand, Jean-Guy Gagnon, membre du Comité permanent de sélection, dans le but qu'il use de son influence pour favoriser l'obtention d'un contrat. Le cadeau lui aurait été remis par l'entremise de Gilles Cloutier, qui a agi comme vice-président au développement des affaires chez Roche, de 1995 à 2005.

Assigné à témoigner à la commission Charbonneau, au printemps dernier, Gilles Cloutier avait expliqué en détail comment il organisait des élections clés en main, en s'assurant d'obtenir des contrats pour la firme Roche en échange de contributions à la caisse des partis politiques municipaux.

Gilles Cloutier, aujourd'hui âgé de 73 ans, figure parmi les principaux témoins au procès regroupant des accusés de la firme Roche.

Radio-Canada a appris que Gilles Cloutier a lui-même des ennuis avec la justice actuellement. Il a été arrêté par le service de police de Mirabel le 12 mars dernier et accusé relativement à des crimes de nature sexuelle.

De 1967 à 1973, Gilles Cloutier aurait abusé d'une fillette. Des accusations d'attentat à la pudeur, de grossière indécence et de voies de fait ont été déposées contre lui.

Gilles Cloutier a comparu mercredi dernier à la Cour du Québec et reviendra pour la suite des procédures le 2 avril prochain.

Entre-temps, le tribunal a entendu toute la journée des requêtes préliminaires et le débat se poursuivra vendredi, à la reprise du procès. Une ordonnance de non-publication a été émise lorsque Sylvie St-Jean, une des coaccusés, a plaidé coupable le 26 février dernier.

Tous les faits admis par l'ancienne mairesse de Boisbriand sont donc tenus secrets. Le juge doit déterminer cette semaine si cette ordonnance sera maintenue en tout ou en partie pour la durée du procès des accusés actuellement devant la justice. 

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