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Pistorius savait qu'on ne doit pas tirer à tort et à travers, selon un témoin

17/03/2014 05:43 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

Oscar Pistorius savait parfaitement qu'on ne doit pas décharger son pistolet sur quelqu'un qui n'est pas directement menaçant, a témoigné lundi l'homme qui lui fournissait ses armes, au début de la troisième semaine du procès du champion paralympique sud-africain.

L'audience du jour a été aussi marquée par la projection de très nombreux clichés pris par la police après que Pistorius eut abattu son amie Reeva Steenkamp, un mannequin de 29 ans, aux premières heures du 14 février 2014.

On y voit que la porte de la chambre à coucher de l'athlète avait été endommagée et qu'il y avait du sang sur la couette, ainsi que sur le mur à la tête de lit, ce qui pourrait contredire sa thèse selon laquelle les deux amants étaient tranquillement couchés avant le drame.

Oscar Pistorius, 27 ans, affirme qu'il a tué Reeva par erreur, la prenant pour un cambrioleur caché dans les toilettes, aux premières heures du 14 février 2013. Paniqué, il n'aurait pas vérifié si elle était toujours couchée avant de tirer sur la porte des toilettes.

Le procureur Gerrie Nel estime au contraire que le couple s'était violemment disputé et que c'est sciemment qu'il l'a tuée.

Il a appelé lundi Sean Rens, le manager d'un centre de tir à Johannesburg. Vendant des armes et facilitant l'obtention des permis de port d'arme pour ses clients, il connaissait Oscar Pistorius depuis mai 2012.

Le témoin a raconté que Pistorius avait déjà reçu la facture de six armes qu'il avait commandées, lorsqu'il a tué Reeva, 52.500 rands (3.500 euros) pour un véritable arsenal: un fusil d'assaut Vector LM-6, deux fusils à pompe, une carabine, deux revolvers Smith&Wesson dont le modèle 500, l'une des plus puissantes armes de poing disponibles sur le marché.

"La transaction a été annulée un mois après les événements", a-t-il noté.

Pistorius, qui n'avait qu'un pistolet 9 mm quand il l'a rencontré, "avait un grand amour et un enthousiasme" pour les armes à feu, a-t-il souligné, avant de rappeler que la loi sud-africaine interdit aux non-collectionneurs d'en posséder plus de quatre.

L'athlète est également poursuivi pour port d'armes prohibé, un chef d'accusation mineur joint au dossier pour meurtre.

-Code rouge contre le lave-linge-

Sean Rens a raconté à la Cour que l'accusé lui avait dit qu'il avait un jour dégainé son arme chez lui en entendant un bruit suspect, qui s'est avéré être la machine à laver.

"Rien de tel que de rentrer à la maison pour entendre la machine à laver et de penser qu'il s'agit d'un intrus et aller au combat en mode reconnaissance dans le garde-manger! waa", avait twitté à ce propos le sportif en novembre 2012 (un tweet effacé depuis).

Le marchand d'armes a poursuivi: "Il passait dans ce que nous appelons +code rouge+, ou mode de combat. En d'autres termes, sortir son arme pour nettoyer sa maison", confirmant les nombreuses descriptions d'un Pistorius paranoïaque, craignant sans cesse pour sa sécurité même s'il habitait dans une résidence ultra-protégée.

Oscar Pistorius connaissait cependant bien les lois sud-africaines régissant le port d'arme.

Sean Rens a notamment lu ses réponses à un questionnaire préalable à l'achat d'une arme: "Un cambrioleur entre dans votre maison et commence à voler votre hi-fi. Pouvez vous l'abattre?" Réponse de l'athlète: "Non, la vie n'est pas en danger."

"Les voleurs sont armés et s'approchent de vous. Pouvez-vous les abattre?" Là, il avait répondu "Oui".

June Steenkamp, la mère de la victime qui n'était pas venue au tribunal depuis quinze jours, s'est éclipsée quand ont été projetées les photos longuement présentées par le photographe de la police Barend van Staden.

Oscar Pistorius, lui, n'a pas regardé, la tête obstinément penchée.

Très médiatisé et diffusé en direct à la télévision, le procès de l'athlète devrait se prolonger en avril, vu que la lente procession des témoignages ne sera sans doute pas bouclée d'ici jeudi comme prévu.

De nombreux témoins sont encore attendus à la barre, de même bien sûr qu'Oscar Pistorius lui-même, puis l'avocat Barry Roux et le procureur Gerrie Nel concluront les débats avant que la juge Thokozile Masipa ne prépare son verdict.

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