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Les forces vénézuéliennes prennent une place de Caracas

17/03/2014 01:18 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Les forces de l'ordre vénézuéliennes ont pris le contrôle, lundi, d'une place de Caracas et des quartiers voisins au coeur des manifestations antigouvernementales qui secouent le pays depuis un mois.

Des membres de la Garde nationale patrouillaient la Plaza Altamira et les principales rues qui y mènent, pendant que des dizaines d'ouvriers nettoyaient les débris utilisés par les manifestants pour ériger des barricades et bloquer les artères des quartiers de classe moyenne et supérieure l'est de la ville.

D'autres membres de la Garde nationale sillonnaient les quartiers environnants sur des motos. Dans le même temps, au moins quatre ministres se sont relayés dans les entrevues pour huiler la machine de relations publiques et vanter la «libération» de la place.

Plus tôt dans la journée, des leaders étudiants avaient promis de continuer à faire pression auprès du gouvernement pour qu'il réponde à leurs demandes, au premier rang desquelles figure la libération des militants arrêtés pendant les manifestations.

À Caracas, l'arrondissement de Chacao est devenu au fil des semaines un point de rassemblement des protestataires, alors que les manifestations pacifiques quotidiennes y prennent immanquablement une tournure violente. Les militants, qui sont le plus souvent dispersés à coups de gaz lacrymogènes et de balles de caoutchouc, répliquent en lançant des bombes incendiaires.

Le président Nicolas Maduro avait prévenu les manifestants, samedi, qu'ils n'avaient plus que quelques heures pour évacuer la place, avant l'intervention des forces de l'ordre.

Le maire de Chacao, Ramon Muchacho, a quant à lui déploré lundi la «militarisation» de sa ville, affirmant sur son compte Twitter que le recours à la force ne résoudrait pas la crise en cours.

M. Muchacho, qui soutient les manifestations pacifiques, martèle que le maintien de l'ordre public relève de l'État et non des municipalités et condamne la Garde nationale et la Police nationale pour leur recours à une force excessive. Il a commencé à tenir des rencontres de quartiers pour demander aux résidants de préserver le caractère pacifiste des rassemblements et de ne pas bloquer les rues.

En début de journée, lundi, le gouverneur de l'État d'Aragua avait annoncé la mort, pendant la nuit de dimanche à lundi, d'un membre de la Garde nationale atteint d'une balle à la tête.

Les militants vénézuéliens manifestent contre une inflation qui atteint 56 pour cent, une explosion de la criminalité et une pénurie grave de certains produits de base.

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