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Les centrales nucléaires ne peuvent jamais être à 100% sûres (patron AIEA)

17/03/2014 05:22 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

Le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué lundi à Tokyo que l'organisme allait continuer d'améliorer ses normes à la lumière de l'accident de Fukushima, tout en prévenant qu'une centrale nucléaire ne pouvait jamais être sûre à 100%.

Lors d'une conférence de presse précédant une rencontre avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, Yukiya Amano a rappelé que les règles devaient évoluer.

"Ce qui est important pour la sûreté, c'est que le processus soit évolutif. Nous avons besoin d'améliorer la sûreté continument, sans tomber dans l'autosatisfaction", a-t-il insisté.

"Toutefois, une catastrophe naturelle peut arriver n'importe où dans le monde... la sécurité à 100% n'existe pas", a-t-il ajouté.

Et le même de souligner que "ce que nous pouvons faire est de prévenir autant que faire se peut les accidents potentiels pour en atténuer les conséquences".

M. Amano a fait ces remarques au moment où, outre les six réacteurs condamnés de la centrale Fukushima Daiichi ravagée par le tsunami du 11 mars 2011, les 48 autres réacteurs du Japon sont arrêtés dans l'attente de la certification de la sûreté de ceux qui pourraient être relancés.

Quelque 17 unités sont actuellement passées en revue par l'Autorité japonaise de régulation nucléaire qui a instauré de nouvelles normes plus sévères prenant en compte le risque d'accident sévère. Tel n'était pas le cas avant la catastrophe de Fukushima qui a entraîné la fusion du coeur de trois des six réacteurs du complexe Fukushima Daiichi et obligé à évacuer un périmètre de plus de 20 kilomètres autour du site.

Si personne n'est mort des conséquences directes des radiations, plus de 1.650 personnes sont considérées comme étant décédées du fait de la dégradation de leurs conditions de vie durant ou après l'évacuation.

Une grande partie de l'opinion japonaise est désormais très réticente à l'égard de l'énergie nucléaire, 80% souhaitant que, même si des centrales sont réactivées, la proportion de l'énergie atomique soit limitée à un niveau inférieur à ce qu'elle était avant le désastre de Fukushima, soit moins d'un quart de l'électricité générée.

Contrairement à l'actuel chef du gouvernement japonais, le conservateur Shinzo Abe, certains éminents hommes politiques qui étaient plutôt favorables à l'énergie nucléaire avant, sont à présent farouchement contre. C'est notamment le cas de l'ex-Premier ministre Junichi Koizumi (2001 à 2006) pour qui l'accident de Fukushima a rendu inadmissible l'usage de l'atome, d'autant qu'il n'y a pas selon lui de solution pour les déchets hautement radioactifs.

M. Amano considère pour sa part qu'il est "techniquement possible de gérer une partie des problèmes liés au combustible nucléaire usé et aux déchets, mais que l'acceptation sociale et politique est difficile à obtenir".

kh-kap/abk

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